
Le MoDem dégaine son projet !
Le projet du MoDem consisterait à supprimer les stationnements en épi le long du mail central pour y créer des pistes cyclables en site propre. :
(Photo archives Nathalie Bourreau) pour Presse Océan.
Pour les élus centristes, le réaménagement du boulevard Guist'hau devient urgent. Ne voyant rien venir, ils proposent leur propre projet.
Un mail central bordé d'arbres, des places de stationnement en épi,
deux voies de circulation de chaque côté, des trottoirs étroits : depuis un siècle, la configuration de l'ancien boulevard Delorme, rebaptisé Gabriel-Guist'hau (*), n'a pratiquement pas
changé.
« Rien n'y a été fait depuis l'élection de Jean-Marc Ayrault à la mairie, il y a 20 ans », déplore Benoît Blineau, conseiller municipal MoDem au côté d'Isabelle
Loirat.
Un axe dangereux
Pour les deux élus centristes, le réaménagement de Guist'hau est urgent. « Il y a un gros problème de sécurité sur cet axe. Les voitures roulent très vite, les trottoirs font
80 cm de large et sont régulièrement envahis par les poubelles, obligeant les piétons à marcher sur la chaussée », explique Isabelle Loirat.
« Tous les jours, des dizaines de collégiens et de lycéens manquent de se faire renverser. C'est un miracle qu'il n'y ait pas plus d'accidents », témoigne cette
enseignante. « On frôle le drame très souvent », confirme cette mère de famille qui habite le quartier.
Relancer le débat
En mars 2007, après avoir démenti une rumeur faisant état d'un projet consistant à faire passer les bus sur le mail central, l'adjoint à l'urbanisme d'alors, Jean-Marie Pousseur, avait
vaguement évoqué le retraitement du boulevard lors d'un conseil municipal. « Depuis, rien », résume Benoît Blineau.
Prenant le taureau par les cornes, les élus MoDem ont donc planché depuis la rentrée sur leur propre projet, en espérant « relancer le débat » autour de
Guist'hau.
Pistes cyclables
Plutôt bien pensée, la proposition centriste ne prévoit ni bouleversements ni gros aménagements. « L'idée de départ, c'est de conserver le mail piétonnier central, avec une piste
cyclable en site propre de chaque côté, à la place des parkings en épi ».
De chaque côté du mail ne resterait qu'une seule voie de circulation pour les voitures avec, en plusieurs endroits, des chicanes permettant au bus de s'arrêter sans bloquer la circulation.
Des places de stationnement payant seraient créées côté trottoirs (élargis à 1,50 m) tandis que, côté mail, des emplacements « stop & go » seraient réservés aux arrêts de courte
durée.
Un mail animé l'été
Au passage, Guist'hau perdrait une quarantaine de places de parking sur 240. Le prix à payer pour rendre le boulevard
plus vivable pour les riverains et espérer y attirer de nouveaux commerces.
« L'été, il pourrait y avoir des animations sur le mail », rêve tout haut Isabelle Loirat, en espérant que ce projet, « qui peut être amendé
», inspire la mairie.
Xavier Boussion, Presse Océan le 21 novembre 2008
(*) Du nom d'un ancien maire de Nantes (1863-1931), député et plusieurs fois ministre entre 1910 et 1924.

11 novembre 2008
Le nouveau bureau de la section Presqu'Île
9 septembre 2008
Deux articles dans l'édition d'aujourd'hui, au lendemain des Universités d'Eté du MODEM : une interview de François BAYROU, et un "chat" avec Jean PEYRELEVADE.
Interview de F. BAYROU
Chat sur lemonde.fr avec J.
PEYRELEVADE 
Document audio :

31 juillet 2008
Nombreux sont ceux qui, après l'élection présidentielle de 2007, avaient prédit la "mort politique" de François Bayrou. Le président du Mouvement Démocrate (MoDem) a été abandonné par la plupart de ses élus, pris en tenaille lors des élections municipales et "ciblé" par l'Elysée qui n'a eu de cesse de l'isoler. Il reste pourtant, selon toutes les enquêtes réalisées depuis un an, une des figures les plus populaires aux yeux de l'opinion et sa voix, aussi isolée soit-elle dans l'Hémicycle du Palais-Bourbon, continue à se faire entendre avec force.
Ainsi le député des Pyrénées Atlantiques a-t-il été le plus prompt à réagir à la décision du tribunal arbitral en faveur de Bernard Tapie, contibuant ainsi à en faire émerger les enjeux politiques. "Ce qui m'étonne, c'est l'étrange fascination qu'exerce Nicolas Sarkozy sur une partie de la gauche elle-même, qui semble comme tétanisée, juge-t-il. Mais imaginez ce qu'aurait dit la droite française si c'était Mitterrand qui avait agi ainsi avec Tapie !"
"ACTIVISME DEMOCRATE"
Le moins paradoxal n'est pas que l'ancien dirigeant de la droite centriste soit ainsi identifié comme un des opposants les plus actifs au pouvoir incarné par Nicolas Sarkozy. "Les raisons pour lesquelles j'avais indiqué que je ne voterais pas pour Nicolas Sarkozy, qui reposaient sur un conflit de valeurs et non des antagonismes de personnes comme on a voulu le faire croire, ne peuvent aujourd'hui être ignorées par personne", affirme M. Bayrou. "Il y a aujourd'hui très peu de gens qui résistent à cette réalisté, admet le président du MoDem. Les syndicats ont été désarmés, mis à terre et moqués. Et il ne faut pas oublier que beaucoup de gens ont peur. C'est pourquoi j'ai un devoir de rassemblement pour construire une opposition démocratique et républicaine."
Depuis quelques semaines, des figures venues d'horizons divers prennent ou reprennent contact avec l'ancien candidat à l'élection présidentielle afin de rejoindre des cercles de réflexion qui ont été réactivés. "Vous êtes le seul à avoir dit depuis le premier jour ce qui se passe à présent et on ne voulait pas vous croire", lui confiait, à Versailles, lors de la réunion du Congrès, un sénateur de la majorité.
Le MoDem, créé à Villepinte à l'automne 2007, a réussi, non sans essuyer de nouvelles pertes, à franchir l'écueil des élections municipales - où ses listes ont recueilli en moyenne 15% des suffrages là où elles étaient présentes - et à faire émerger une génération militante. Celle-ci, tournant le dos aux pratiques de l'UDF "parti de notables", entend s'approprier "une nouvelle manière de faire de la politique". Les réseaux constitués à l'occasion de la campagne présidentielle continuent à fonctionner et la "blogosphère" démocrate est en activité permanente. Plus nouveau, on a vu récemment, à l'occasion de mobilisations sur le droit au logement, les doits civiques ou les droits des résidents étrangers, se développer une forme d'"activistme démocrate".
M. Bayrou lui-même n'est pas en reste et se fait un devoir d'alerter sur les "graves dérives" qui, selon lui, menacent les droits élémentaires des citoyens. Ainsi entend-il prendre sa part pour obtenir le retrait du fichier EDVIGE, issu de la réforme du renseignement et reprenant une partie de l'ancien fichier des RG. EDVIGE recense ainsi des données informatisées non seulement sur les mineurs dès 13 ans mais sur les élus politiques, candidats aux élections, responsables politiques, syndicaux ou religieux. "Où va-t-on ?" s'indigne le président du Modem. Quel régime est-on en train de mettre en place ? Quelle société est-on en train de construire ?"
"Jamais personne n'avait entraîné la France là où Nicolas Sarkozy l'entraîne aujourd'hui, affirme M. Bayrou. Il transgresse tout ce qui était l'essentiel du consensus républicain". Cette stature d'opposant résolu, il va lui falloir à présent l'appuyer sur un mouvement qui peine cependant à se structurer. Les sites de la blogosphère relaient les multiples impatiences des adhérents démocrates déçus ou frustrés de ne pouvoir s'impliquer de manière plus active.
La première université du MoDem, du 5 au 7 septembre, au Cap Esterel, devrait être l'occasion de vérifier la vitalité du mouvement mais aussi de franchir un pas supplémentaire dans son organisation. Viendra ensuite ce qui constituera pour lui une échéance majeure : les élections européennes de juin 2009, à l'occasion desquelles M. Bayrou annonce d'ores et déjà des "surprises".
Patrick Roger

