Positions politiques

          

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                                                  Nantes le 20 juillet 2010

 

 

Le MoDem rappelle son opposition  au projet de nouvel aéroport au nord de Nantes, qu'il estime aberrant économiquement, écologiquement et financièrement.

MM. Ayrault et Bussereau ont conclu, au cœur de l'été, un accord sur le financement de cet aéroport, qui met à contribution le Département et la Région, contrairement à ce qui avait été annoncé par MM. Mareschal et Auxiette, en particulier pendant la dernière campagne électorale.
Est ce le moment d'engager des finances publiques alors que nos déficits et nos dettes sont astronomiques et qu'il faut opérer des choix d'investissements durables ?
Est ce la bonne méthode de signer en catimini un financement public sur un projet qui engage autant les générations actuelles et prochaines ?

Nous soulignons là un manque de transparence très préjudiciable à la démocratie.

Les leaders socialistes locaux montrent aussi leur manque de considération pour leurs alliés Verts, qu'ils n'ont pas même pas informés de la signature d'un accord de financement avec le secrétaire d'Etat aux transports ! 

Nous proposons à tous les opposants à ce projet néfaste de nous allier pour convaincre qu'une alternative réaliste est toujours possible.

 

 

Le Bureau du MoDem de la Loire Atlantique 

 

 




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16_01_07-France3-1-.jpgChers amis,

 

François Bayrou sera dimanche 11 juillet à 10h l'invité du Grand Rendez-vous d'Europe1/Aujourd'hui en France. Pendant près d'une heure, il reviendra sur l'actualité de ses derniers jours et sur les perspectives pour la France et l'Europe.

Dette, Retraites, Affaire Bettencourt, Réforme des collectivités locales ; François Bayrou fera un point d'ensemble avant la période estivale.

 

Retrouvez le Président du Mouvement Démocrate sur Europe 1 ce dimanche interviewé par Jean Pierre Elkabbach et Patrick Cohen.

 

Bien cordialement,

L'équipe du Mouvement Démocrate


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Réaction du Mouvement Démocrate et des Jeunes Démocrates

de Loire Atlantique au "Pack Autonomie Jeunesse"

 

La région des Pays de la Loire a décidé de mettre en place un "pack autonomie jeunesse".

 

L'autonomie est un défi majeur, avec l'emploi, pour notre jeunesse. Nous proposons donc, dans la continuité de notre programme régional :

 

- d'évaluer les dispositifs existants, y compris les aides fournies par la CAF, le CROUS, et les autres collectivités,

 

- de mettre en place une commission réunissant collectivités, associations et Etat, chargée de coordonner les différentes réponses en matière d'autonomie et d'emploi des jeunes,

 

- de mettre en place un Guichet pour l' Autonomie des Jeunes, où les jeunes pourraient non seulement avoir l'information mais également initier différentes démarches. Ce dispositif pourrait reposer sur le CRIJ (Centre Régional Information Jeunesse) et les PIJ (Points Information Jeunesse) qui bénéficient d'une bonne implantation territoriale. Un site Internet offrant les mêmes prestations pourraient également être mis en place.

 

Contacts :

Cyril BEGUE, Président des Jeunes Démocrates 44, cyril.begue@laposte.net

Patricia GALLERNEAU, Porte-Parole du MoDem 44, modem44@orange.fr

 


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Conseil National du samedi 26 juin 2010,

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                           (salle Lamartine,   immeuble Jacques Chaban Delmas Assemblée Nationale.)

Rappel par F.Bayrou; Le Modem a engagé une réflexion sur les retraites.

Un premier texte synthétique a été élaboré par le Bureau Exécutif, indiquant huit pistes pour cette réforme. Il a été envoyé à tous. En retour le siège a reçu plus de 500 contributions. Elles on été dépouillées, et étudiées.

Cette démarche a permis d'être présent pendant le débat national.
Le Bureau exécutif a reçu tous les syndicats au plus haut niveau. F.Bayrou a été reçu par le Ministre du Travail, le Premier Ministre et 2 fois par le Président.

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LE DÉFICIT FRANCAIS se décompose en trois ensembles à réformer:

- Les retraites pour 15 milliards relevant des cotisations

- La sécu pour 20 Milliards relevant des prélèvements et de la CGS

- Les comptes publics pour 120 milliards relevant de l'impôt

Aujourd'hui pour combler ces déficits la France emprunte 1 milliard par jour.

La première des réformes concerne les Retraites.

La nouvelle synthèse proposée par le Bureau exécutif a donné lieu de 9h30 à 13 h à une longue séance de travail, tenue à huis clos.

Présentation d'amendements, débats, expressions de la majorité des Conseillers ont permis d'aboutir à un texte politique voté à l'unanimité que vous trouverez ci-dessous.

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Une Conférence de Presse a cloturé cette longue matinée.

 


  

Position du Mouvement Démocrate sur la réforme des retraites

Résolution du Conseil National du Mouvement Démocrate

Adoptée le 26 juin 2010

 

1- La réforme des retraites est vitale et ne saurait être différée. Il

s’agit de la première des trois réformes que nous devons concevoir

pour la France, retraites, santé et dépendance, finances publiques.

Soutenir devant les Français cette démarche réformiste, c’est un acte

de courage nécessaire. Si la France ne réussissait pas à conclure

cette réforme, à la rendre humainement acceptable par tous,

ou si la réforme était insuffisante, alors le pays se trouverait en

danger.

 

2- Avant tout, la réforme des retraites doit s’accompagner d’une

conquête de la production et donc d’une reconquête du travail

tant en nombre d’emplois qu’en qualité du travail. L’absence

d’une réflexion et d’une politique compréhensibles par les Français sur

une stratégie industrielle, agricole, agro-alimentaire, des services, ou

touristique, de notre pays se fait cruellement sentir. Si l’activité

productrice de la nation est trop faible pour créer de l’emploi, pour les

jeunes autant que pour les seniors, alors toutes les réformes

échoueront.

 

3- Cependant, pour sauver les retraites par répartition, la réforme

ne peut éviter de répondre au défi démographique. C’est le

rapport déséquilibré entre le nombre des actifs et le nombre des

pensionnés qui crée l’urgence. Le nombre des actifs ne cesse de

baisser, notamment, c’est vrai, en raison de l’actuelle crise

économique. Le nombre des pensionnés ne cesse d’augmenter, sous

l’influence de la longévité, du dispositif « carrières longues » et de

l’arrivée à l’âge de la retraite des générations de l’après-guerre.

 

4- Nous considérons qu’il est raisonnable de faire glisser

progressivement l’âge légal à partir duquel on peut faire valoir

ses droits à la retraite de 60 à 62 ans. Si on choisissait de ne jouer

que sur l’augmentation de la durée de cotisation, on créerait une

situation dans laquelle tous les Français qui ont fait des études, tous

ceux qui ont eu des carrières incomplètes seraient condamnés à ne

pouvoir partir à la retraite que dans la zone des 70 ans ! Pour tous

ceux qui seraient contraints de partir à la retraite avant cet âge, ce

serait des retraites réduites, des pensions insuffisantes.

 

5- Trois conditions de justice doivent être satisfaites pour que la

réforme soit acceptable par les Français. La première, c’est

l’ouverture d’une retraite plus précoce pour les salariés entrés dans la

vie professionnelle très tôt. Sous réserve d’expertise, la proposition de

maintenir l’âge de 60 ans pour les carrières longues (entrée dans la

vie professionnelle avant 18 ans) nous paraît raisonnable.

 

6- La proposition liant la reconnaissance de la pénibilité à une

invalidité constatée de 20 % donnant lieu de surcroît au

versement d’une rente pour maladie professionnelle ou

accident de travail n’est pas recevable. Pour nous, la pénibilité

doit être prise en compte, à l’image des accidents du travail, par une

caisse autonome, alimentée par les entreprises au prorata des risques

qu’elles font encourir à leurs salariés ce qui entraînera une évolution

vers des parcours professionnels diversifiés et les incitera à augmenter

la prévention.

 

7- La volonté de déplacer de 65 à 67 ans l’âge du départ à la

retraite sans pénalisation pour les carrières incomplètes est

inacceptable ! 62 ans oui, 67 ans non ! Ce sont les salariés les plus

fragiles, les femmes qui ont commencé ou recommencé à travailler

après avoir élevé des enfants, les petits salaires qui ont « galéré » qui

se trouvent ici en cause. Cette décision repose d’ailleurs sur un artifice

comptable : quand elles font valoir leurs droits à la retraite un très

grand nombre de ces personnes ne travaillent plus ; elles sont au

chômage, en fin de droits, aux minima sociaux ou sans ressources. Ce

sont donc les caisses chômage ou les budgets sociaux qui doivent

assumer la charge de leurs ressources.

 

8- Manque dans la proposition du gouvernement une orientation

de justice très attendue des Français : l’égalité devant la

retraite. L’unification des régimes de retraite doit lever les injustices

si profondément ressenties par nos compatriotes : régimes spéciaux ;

fonctionnaires par rapport aux salariés du privé ; travailleurs

indépendants ; parlementaires ; retraites « chapeau ». Ces avantages

plus ou moins secrets ou discrets font régner un sentiment de

profonde injustice. Seule une unification, prenant en compte les droits

acquis dans le passé mais donnant à tous les mêmes règles pour

l’avenir permettra de corriger les injustices et mettre fin aux

privilèges. Nous croyons que la transparence généralisée,

l’individualisation des droits, la connaissance de ces droits à tout

moment de la carrière, le libre choix de la retraite à partir d’un âge

légal, la simplification des régimes entraînant des gains de gestion,

« retraite par points », ou par compte individualisé, doivent être

l’horizon proche de nos systèmes de retraite.

 

9- Enfin, l’équilibre financier à court terme des régimes de retraite

n’est pour nous ni acquis ni même approché par les timides

décisions annoncées. Cet équilibre financier demeure pour nous

une très lourde préoccupation. En particulier « l’augmentation » de

1 % (de 40 à 41 % !) de la tranche la plus élevée de l’impôt sur le

revenu nous paraît purement cosmétique. On ne résoudra pas le

problème par des expédients comme ceux qui sont envisagés,

épuisant en quelques années le Fonds de réserve des retraites qui

devait être réservé aux générations d’après-guerre. Les efforts qui

doivent être demandés, doivent l’être de manière durable et juste,

proportionnée aux moyens réels de chacun et mettre à contribution

des revenus, en particulier financiers, aujourd’hui en grande partie

exonérés.


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Suite à la présentation ce mercredi par le gouvernement du projet de réforme des retraites, le Mouvement Démocrate estime que ce projet n'est pas équitable:

1- La réforme des retraites est nécessaire. Elle ne peut pas être sans efforts. Mais lorsque les efforts ne sont pas équilibrés, ils ne sont pas acceptés.


2- Pour obtenir une réforme équilibrée, il fallait répondre à quatre exigences : dans le court terme, des ressources nouvelles qui suppriment le déficit ; dans le moyen terme, une politique qui permette un plus grand nombre d'actifs au travail par rapport au nombre de retraités -donc une politique crédible de création de travail- ; en même temps, un glissement de l'âge légal de départ en retraite, nécessairement accompagnée de mesures en faveur des carrières longues, de la pénibilité, et d'un filet de sécurité pour les carrières incomplètes - ; dans le long terme, enfin, la réflexion sur un nouveau système, unifié, de retraites.

3- Le plan n’est pas convainquant en matière de ressources nouvelles. On ne peut donc en attendre un rééquilibrage durable. L’augmentation de 1 pour cent de la dernière tranche de l’impôt sur le revenu (de 40 pour cent à 41 pour cent) n’est même pas symbolique. Les prélèvements sur les revenus du capital sont à peine esquissés. En vérité, là où l’on attendait un effort demandé aux plus favorisés, on a quelques mesures pour faire semblant. L’équilibre des efforts entre le bas et le haut de la pyramide sociale n’est pas équitable.

4- L’utilisation du fonds de réserve des retraites pour amortir les déficits d’ici à 2020 est la conséquence de ce déséquilibre. C’est ruiner une idée qui, pour une fois, était prévoyante. La France mettait de côté des sommes importantes, pour faire face au déséquilibre démographique attendu du « papy-boom ». On était encore très loin de l’objectif fixé. Mais cette « épargne nationale » va être immédiatement utilisée. C’est le choix du court terme face au long terme.

5- La question d’une politique pour la production et le travail, l’encouragement à la création d’emplois est presque totalement absente du plan gouvernemental. Or si l’on ne trouve pas des emplois nouveaux, pour les jeunes et les plus de cinquante ans en particulier, aucune réforme des retraites n’a la moindre chance de marcher.

6- Pour nous, le seuil des 62 ans en 2018 est acceptable. Cet âge aurait pu être atteint au rythme d’un trimestre supplémentaire par an en commençant au 1er janvier 2011. Le gouvernement a choisi un glissement de quatre mois par an, mais en commençant plus tard, au 1er juillet 2011. Des dérogations sont prévues qui maintiendront l’âge de 60 ans pour les salariés entrés dans la vie professionnelle avant 18 ans. L’augmentation prévue de la durée de cotisation est modérée (un trimestre supplémentaire). Sur ces deux points, importants, sous réserve de précisions, nous pensons que la réforme n’a pas commis d’erreur majeure.

7- Pour la pénibilité, après la réflexion des partenaires sociaux sur les éléments objectifs qui la définissent (port de charges lourdes, travail de nuit, exposition au bruit, exposition aux produits chimiques), le gouvernement a choisi un examen individuel diagnostiquant une dégradation précoce de l’état de santé. Ce n’est pas vraiment juste car la pénibilité supportée longtemps, en soi, avec ou sans conséquences détectables (certains troubles ou maladies graves peuvent mettre longtemps à apparaître) devrait entraîner un droit à la retraite plus précoce.

8- La décision la plus injuste, et pour nous inacceptable, c’est la modification du seuil de 65 ans qui permettait de liquider sa retraite, avec les droits acquis, même incomplets, mais sans pénalisation. Cette disposition concerne les salariés les moins favorisés, très souvent les femmes ayant élevé des enfants, ou tous ceux qui ont eu des difficultés de carrière, qui ont « galéré ». C’était un filet de sécurité. Ce déplacement est injuste : il atteint les plus faibles, et les années après 65 ans sont plus sensibles que les années après 60 ans, - on avance en âge. De surcroît, c’est un artifice comptable : la plupart des salariés concernés ne sont plus au travail, ils sont au chômage de longue durée et attendent cet âge pour liquider leur retraite. Il s’agit donc en fait d’un transfert de charges des caisses de retraite vers les caisses d’indemnisation du chômage.

9- Les efforts demandés aux fonctionnaires, et dans quelques années aux régimes spéciaux, correspondent à une réelle attente des Français en termes de justice et d’égalité devant la retraite. Mais ils auront des conséquences sur le pouvoir d’achat, dont il faudra tenir compte dans la politique à suivre à l’égard de la fonction publique.

10- Enfin, le gouvernement n’a pas accepté d’ouvrir la réflexion sur le régime de retraites de l’avenir, le seul capable de sauver les retraites par répartition, le régime de retraites unique à points, ou à comptes personnels, qui seul autorise en même temps l’équilibre des comptes et la souplesse du choix personnel de chaque salarié, qui connaît à tout moment ses droits et peut choisir l’âge à partir duquel il les exercera. C’était une occasion unique, au moment où plusieurs organisations syndicales ou politiques demandaient une telle réflexion, d’ouvrir, sans pression, des pistes pour l’avenir.

11- En l’état, ce projet n’est pas équitable. Nous allons donc participer au débat, notamment à l’Assemblée nationale et au Sénat, pour que les changements indispensables rendent, si c’est encore possible, cette réforme plus équilibrée et plus juste.

 


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Fidèle parmi les fidèles de François Bayrou, Jean Lassalle minimise l’impact des deux visites du leader centriste à l’Elysée. Dans un entretien au JDD.fr, le député pyrénéen déplore un effet de manches et, comme son patron, défend bec et ongles la ligne indépendante du Mouvement Démocrate.

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 Jean Lassalle et François Bayrou, à l'Assemblée nationale. (Reuters)

 

Les visites de François Bayrou à l’Elysée ne passent pas inaperçues, cela vous dérange?
Non, mais que François Bayrou et Nicolas Sarkozy se soient rencontrés, franchement, quoi de plus naturel? Il n’y a pas de quoi monter aux arbres! Ils ont passé une période longue et difficile sans contact et ils se sont revus, je trouve ça très bien. Après, sur le «buzz», comme on dit, qui entoure cette affaire, j’y vois surtout un travail des services de communication de l’Elysée. Ces gens-là savent très bien faire vivre une affaire et l’entretenir. Mais, sur le fond, il n’y a aucun rapprochement avec Nicolas Sarkozy en vue. Pas plus qu’avec d’autres, à gauche, d’ailleurs. Je suis suffisamment proche de François Bayrou pour vous l’affirmer.

 

Pour vous, François Bayrou est donc instrumentalisé par l’Elysée…
Disons que Nicolas Sarkozy s’est tourné vers nous parce qu’il a manifestement un problème avec Hervé Morin! Tout cela est de la tactique. Dans un autre genre, cela me rappelle ce qui s’était passé après le meeting que Marielle de Sarnez avait tenu aux côtés de Peillon (PS), Hue et Cohn-Bendit (Europe Ecologie) à l’été 2009. A l’époque, on disait que le Modem avait choisi d’être de gauche. C’était aussi faux que de dire aujourd’hui que Nicolas Sarkozy et François Bayrou marchent main dans la main et préparent déjà l’élection présidentielle de 2012.

"Nous sommes au cœur de la vie politique française"

 

Cela n’empêchera pas Nicolas Sarkozy de se déplacer dans la circonscription de François Bayrou prochainement. Ce dernier n’est-il pas un peu piégé?
Il s’agit effectivement d’une subtilité de Nicolas Sarkozy pour entretenir ce fameux «buzz». On ne peut pas dire non à une visite du président de la République sur son territoire… Maintenant, dire que François Bayrou est piégé n’est pas exact, puisque je le répète, il n’y a aucun "deal" entre les deux hommes. Quoi qu’il nous en a coûté électoralement - et nous avons payé cher, j’en conviens - François Bayrou reste sur une ligne profondément indépendante. En outre, étant d’un naturel optimiste, je suis heureux de constater que toute cette affaire permet au Modem de faire à nouveau parler de lui. Il y’a un mois, on nous disait encore en état de mort clinique et aujourd’hui, nous sommes au cœur de la vie politique française. Personnellement, je ne m’en plains pas!

 

François Bayrou a toutefois dû se justifier de ses visites élyséennes auprès des militants. Y’a-t-il une crainte de «virage à droite» au Modem?
Ce sont des hommes et des femmes... Quand vous lisez les journaux et qu’on ne parle que de cela, il est normal qu’il y ait des crispations. Quand vous êtes dans une conjoncture comme celle du Modem, avec peu d’élus et peu de cadres pour apaiser le climat, vous ne pouvez pas empêcher les gens de se poser des questions. A nous, les rares qui sont restés dans une cohérence politique, de faire l’effort d’explication.

 

En même temps, entre un Nicolas Sarkozy déjà tourné vers 2012 et un PS qui se met en ordre de bataille, le Modem parait de plus en plus isolé politiquement…
Et c’est ce qui nous convient le mieux! Si une troisième voie doit exister, c’est bien là, autour d’un centre indépendant, qu’elle doit apparaître. Plus qu’une autre politique, c’est un autre état d’esprit que nous devons insuffler à un pays aujourd’hui totalement enlisé.

 Nicolas Moscovici - leJDD.fr

 Vendredi 11 Juin 2010

 

 

 

 


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A la suite des articles de presse parus en particulier dans OF et plusieurs autres quotidiens, sur le "recentrage" de François Bayrou, le MODEM 44 a souhaité réagir et a adressé à ses correspondants le Communiqué suivant. 

 

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Nantes le 4 juin 2010

 

Votre article de vendredi 4 juin titré « Bayrou se recentre.. sur sa droite » appelle de notre part une réponse. Je vous remercie de la prendre en considération.

 

Monsieur Bayrou et les militants du Mouvement démocrate, restent « en résistance » lorsque la politique menée ne leur convient pas ! Il est très étonnant de voir au travers de cet article comme par ailleurs dans d’autres billets de presse, la manière dont les propos de F Bayrou ont été exploités et repris par L’UMP. Il suffit pourtant de réécouter la dernière intervention de F Bayrou sur RTL-LCI, pour s’apercevoir qu’il ne parle pas de rapprochement, mais d’indépendance et de liberté, de choix du « chemin le plus difficile » !

Cela n’empêche pas les échanges avec N Sarkozy ou avec le PS, sur les grands problèmes auxquels est confronté le pays ! Contenir le mauvais déficit public, sauver le régime des retraites par répartition,  reconquérir la production industrielle, etc..

Lorsque la majorité gouvernementale abonde dans le sens des idées exposées par F Bayrou, nous ne pouvons que nous en réjouir et F Bayrou les appuyer ! Il est fidèle aux idées que nous avançons depuis longtemps sur ces sujets graves !

Le président du MODEM ne « se recentre pas à droite » il l’a d’ailleurs démenti ! (Le Monde )

Un centre à droite resterait-il un centre ? Nous savons que l’arithmétique élémentaire l'en empêcherait, et souhaitons continuer à travailler sur les projets et avec les hommes qui seront dans la même dynamique, au delà des clivages politiques sclérosants.

Cette soudaine « intox » générale ( AFP, Figaro, Le Monde etc..) n’est nullement justifiée sauf si elle tendait à démobiliser les militants ou électeurs du MoDem?

Il faut parler du fond, ne pas démobiliser ainsi l’électorat et décrédibiliser les hommes politiques, cela éloigne les citoyens du débat politique.

 

MODEM de LOIRE ATLANTIQUE

 


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Chers amis,

 

Depuis quelques jours, on entend un certain nombre de commentaires sûrement très bien intentionnés prétendant que nous préparerions un « changement de ligne », un infléchissement de notre action en direction de l'actuelle majorité, en forme de « retour ».

Cela mérite une mise au point claire et nette pour éviter rumeurs et intoxications.

Nicolas Sarkozy m'a invité à le rencontrer en privé au mois d'avril. Lorsque le président de la République m'invite, hier François Mitterrand ou Jacques Chirac, aujourd'hui Nicolas Sarkozy, je considère comme normal d'accepter cette rencontre. Je fais de même lorsqu'il s'agit du Premier ministre ou des leaders de l'opposition de gauche. La situation de notre pays est suffisamment grave pour que les responsables conscients des difficultés (ils ne sont pas si nombreux) acceptent d'échanger leurs points de vue, y compris de manière informelle et en toute liberté.

Cela s'impose d'autant plus dans les jours de crise que nous traversons. Devant ces difficultés, que j'avais prédites depuis longtemps, personne ne peut affirmer qu'il a la solution. Tout le monde cherche, tout le monde sait (ou devrait savoir) que nous allons vers des temps difficiles, et dans les temps difficiles il n'est pas inutile de réfléchir ensemble. Nous sommes en désaccord, parfois violent, c'est normal, c'est la démocratie, mais nous ne sommes pas en guerre civile. C'est le point de vue que j'ai toujours défendu et que je défends d'autant plus aujourd'hui.

Parler entre responsables, sans concessions et sans compromissions, pour moi, pour nous, c'est le b-a ba d'une démocratie de citoyens adultes. Je vous le dis clairement, je continuerai de le proposer, et de le mettre en pratique.

À ce titre, je revendique avec fierté que nous ayons ces derniers mois tendu la main à une partie de la gauche, social-démocrate, en espérant qu'elle oserait un jour affirmer son identité. Pour l'instant, cela n'a pas été le cas, mais nous avons eu raison de tendre la main et nous devons continuer à le faire !

Il n'y a pas de démocratie sans confrontation des idées et sans dialogue. Et la crise fait du dialogue une obligation.

Cette rencontre avec le président de la République a eu lieu au moment où trois dossiers étaient ouverts par le gouvernement : la burqa, les retraites, et les collectivités territoriales.

Sur la burqa, sujet épineux, mis en scène d'abord (ne soyons pas dupes) pour des raisons électorales, mais qui trouble beaucoup de Français, particulièrement de femmes, j'ai indiqué que le texte du gouvernement qui dit seulement qu'en France « nul ne doit dissimuler son visage dans l'espace public » me paraissait raisonnable. Si ce texte ne change pas, je le voterai. C'est aussi le sentiment de notre ami Abdoulatifou Aly, député de Mayotte, seul député musulman de notre Assemblée nationale. Nous sommes ainsi fidèles à notre ligne de conduite : quand une décision nous paraît acceptable, nous votons oui ; si elle ne l'est pas, nous votons non.

Sur les retraites, question très lourde (trente milliards d'euros de déficit cette année), j'ai indiqué qu'une réforme était indispensable. Certains disent que la réforme peut être évitée ! Pour moi, cette position est irresponsable. Donc, si la réforme proposée est raisonnable, je la soutiendrai. Dans le cas contraire, je ne l'approuverai pas.

Des financements nouveaux doivent être trouvés et mettre à contribution des revenus, notamment du capital, qui jusqu'à maintenant échappaient à la solidarité.

Il faut augmenter le nombre d'actifs par rapport au nombre des retraités pour que la charge soit supportable. Cela ne pourra se faire que par une politique qui permette de créer davantage d'emplois en France, par une reconquête de productions nouvelles ou de productions que nous avons laissé s'en aller. Personne n'en parle et c'est pourtant là la clé, la seule clé du problème des retraites, comme c'est la seule clé du pouvoir d'achat, ou de l'intégration par exemple.

Il demeure qu'il faudra travailler plus longtemps ! C'est le courage de le dire.

Comment y parvenir ? Faut-il faire glisser l'âge légal, progressivement, au-delà de 60 ans ? Pour moi, comme pour Dominique Strauss-Kahn, cet âge n'est pas tabou. À condition que soit traitée la question de la pénibilité de certains métiers, ce qui pour l'instant n'est pas fait.

Faut-il augmenter le nombre d'années de cotisations ? Cette solution qui a la faveur du PS et de certains syndicats n'est pas interdite non plus. Mais cela signifie que pour tous ceux qui ont fait ou feront des études, la retraite serait reportée bien au-delà de 65 ans. Les deux solutions ont leurs inconvénients : peut-être faut-il combiner les deux ? Nous en débattrons d'ici au 26 juin, date à laquelle le Conseil national arrêtera nos propositions. En attendant le débat dans nos rangs est ouvert à partir d'une note d'orientation que vous avez reçue il y a quelques semaines (cliquez ici).

En tout cas, je suis décidé à défendre le seuil (aujourd'hui fixé à 65 ans) où on peut faire valoir ses droits à la retraite sans décote même si l'on n'a pas le nombre de trimestres exigé. Ce « filet de sécurité » est très important, par exemple pour les femmes qui ont repris le travail après avoir élevé des enfants, ou pour ceux qui ont connu la « galère » du chômage, ou pour ceux qui ont travaillé à l'étranger, par exemple.

Il faudra enfin penser la vraie réforme, je devrais dire la vraie refondation des retraites, celle qui assurera l'équilibre sur le long terme et permettra à chacun d'adapter librement sa retraite aux conditions particulières de chaque vie professionnelle ou familiale. Pour nous, nous plaidons depuis dix ans pour un système de retraite à points, ou de comptes personnels, où chacun sait, à tout moment, où il en est. C'est le seul moyen, sur le long terme, d'assurer l'avenir de la retraite par répartition. J'ai été heureux de noter sur ce sujet des prises de position nouvelles, par exemple les déclarations de la CFDT. J'ai demandé au gouvernement de faire de cette réflexion sur une réforme à long terme, par exemple à l'horizon 2020 ou 2025, un chapitre important de sa proposition.

En tout cas, il n'existe pour moi aucune possibilité responsable et juste de ne pas faire de réforme. Il suffit, dans les rues de nos villes ou villages, de compter les retraités, de plus en plus nombreux, et les actifs, de plus en plus rares, pour voir que nous allons dans le mur. Et aller dans le mur, cela signifie, comme en Grèce, en Espagne ou au Portugal baisser brutalement les retraites de 10 % ou de 15 %. Cela, je ne l'accepte pas et je ne serai pas complice d'une telle lâcheté.

Enfin sur les collectivités locales, j'ai combattu à la tribune de l'Assemblée nationale, et je continuerai à combattre le projet du gouvernement de faire élire les futurs conseillers territoriaux à l'actuel scrutin cantonal, ce qui serait la consécration du bipartisme, un recul de l'idée régionale, une renoncement insupportable à la parité et au pluralisme. Selon moi, une telle loi serait inconstitutionnelle et définitivement inopportune (lire intervention).

Savoir approuver quand une décision va dans le bon sens, combattre les décisions injustes, cela a toujours été notre ligne de conduite. J'en suis fier et je le revendique.

Cela signifie-t-il une quelconque connivence avec le pouvoir actuel ? Je vois bien la manœuvre qui tente de le faire croire. Mais ceux qui conduisent cette intoxication se mettent le doigt dans l'oeil et il convient, charitablement, de les détromper...

J'ai, depuis le premier jour, mis en garde contre les risques que faisait courir la politique de Nicolas Sarkozy.

Cela n'a rien à voir avec une mésentente personnelle. Je ne dis pas qu'il n'a aucune qualité, d'énergie par exemple. Je ne lui fais pas porter des responsabilités qui ne sont pas les siennes : je sais bien qu'il n'est pas directement responsable de la crise, même si cette crise est celle du capitalisme qu'il défendait.

Mais mon jugement n'a pas changé : les orientations de Nicolas Sarkozy ont porté atteinte à des principes pour nous essentiels.

La justice fiscale a été niée par le « bouclier fiscal ». Les déficits ont explosé, et pas seulement à cause de la relance. L'éducation est maltraitée, sans vision, et dans une approche uniquement comptable. L'indépendance des médias est mise à mal par la nomination directe des responsables de l'audiovisuel public. Le mélange des affaires privées et des affaires publiques a été une réalité de tous les jours. La séparation des pouvoirs est malmenée. Le président porte atteinte à la fonction qu'il exerce en se présentant constamment comme chef de parti.

Tout cela, je l'ai dit, directement, à Nicolas Sarkozy chaque fois que je l'ai rencontré. Et pour que nul n'ignore quel est mon jugement sur ces graves erreurs, j'ai écrit un livre « Abus de pouvoir » qui n'était ni un pamphlet, ni un mouvement d'humeur, mais un diagnostic et une défense des principes démocratiques et du modèle républicain français.

Nous avons combattu sans relâche ces choix qui ont aggravé la situation de notre pays ou l'ont empêché d'avancer. Ce combat, pour moi, n'a pas cessé et ne cessera pas.

J'observe d'ailleurs que ce diagnostic, que nous avons formulé depuis trois années, et souvent seuls, est aujourd'hui largement partagé.

Tout cela peut-il être corrigé ? Si c'était le cas, tant mieux. Mais cela me paraît, à tout le moins, résolument improbable.

Restent les débats sur le « centre », auquel désormais on semble trouver tant de charmes et de vertus.

Pour moi, les choses sont limpides : un centre indépendant est vital pour la démocratie française. Ce courant politique est un des piliers de la vie publique. Il est le garant du pluralisme nécessaire puisqu'il empêche le simplisme de la bipolarisation droite/gauche. Il conjugue la démocratie avec la République. Il refuse que la guerre des deux camps soit le seul horizon de notre vie publique. Il se bat contre le monopole du pouvoir attribué à qui que ce soit. Il veut à la fois la justice sociale et une économie inventive et créative, c'est-à-dire libre. Il considère que l'éducation est la pierre de fondation de tout progrès humain. Il défend notre patrimoine naturel comme un bien commun et prend au plein sens du terme l'association des deux mots « développement » « durable ». Il pose comme principe que l'économie financière ne doit pas gouverner le monde et doit être régulée. Et il sait qu'un tel projet de société ne se défend pas si l'Europe n'est pas forte, unie et libre. Ce projet politique est en confrontation, et souvent en opposition avec les idéologies portées aujourd'hui par l'UMP et par le PS. Il ne peut donc accepter de se laisser satelliser par aucun des deux partis actuellement dominants.

Il peut chercher et trouver des compromis, mais il refuse les compromissions. Il est ouvert, mais il est intègre. Et il ne doit accepter aFB12ucune concession, ni sur l'ouverture, ni sur l'intégrité.

C'est pourquoi l'article premier de tout acte d'existence du centre, c'est l'indépendance. Je ne ferai sur ce point central aucune concession à qui que ce soit.

La faiblesse actuelle de ce courant politique vient de sa division et, pour certains, de sa soumission. Division et soumission, ce sont les deux causes de sa faiblesse électorale actuelle. Je ne ménagerai pas mes forces pour qu'il se rassemble, et pour qu'il se redresse.

En tout cas, sa mission est de préparer et d'offrir une alternative réaliste, crédible à la politique qui a été suivie depuis trois ans.

C'est parce que je crois à la force et à l'avenir de cette famille politique que j'ai été, je suis, et je serai intransigeant sur le respect de ses principes. Cela demande courage et caractère ? Tant mieux ! C'est ainsi que se forgent et s'éprouvent les vraies aventures humaines.

Je vous prie de croire à mon amitié.

François BAYROU


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Voici la lettre adressée par François Bayrou au Premier ministre (dont nous aurions aimé trouver trace et écho dans les médias..de même que pour les propositions du Mouvement démocrate pour les retraites..

Monsieur le Premier Ministre,

Vous avez demandé à notre mouvement de vous transmettre notre analyse et nos propositions sur le mode d'élection des conseillers territoriaux qui se verraient institués par l'adoption de la loi actuellement en discussion devant le Parlement.

Permettez-nous trois remarques préliminaires :


- notre mouvement est favorable au rapprochement entre conseils régionaux et généraux par l’instauration d’un même élu qui appartiendrait ainsi aux deux assemblées. Il s’agit moins de « simplifier », ou de diminuer le nombre de nos élus locaux, que de coordonner de la manière la plus efficace possible l’action des deux collectivités locales chargées des stratégies territoriales et de la solidarité, qui se révèlent souvent redondantes ou concurrentes, en tout cas trop étrangères l’une à l’autre.

- Nous avons été extrêmement surpris, avant même d’avoir pu répondre à votre interrogation (comme la quasi-totalité des formations politiques de notre pays, à la seule exception de l’UMP et d’un parti associé), de découvrir en commission des lois un amendement du gouvernement tranchant la question dans le sens du scrutin majoritaire à deux tours dans des cantons redécoupés par ordonnance ! Comment, dans un tel scénario législatif, parler de « concertation » ?

- Les sénateurs de notre mouvement, ainsi que leurs collègues du groupe Union Centriste du Sénat, s’étaient laissé convaincre de voter le texte en première lecture en raison de la prise en compte d’un amendement, accepté par le gouvernement, prévoyant que le mode d’élection de ces nouveaux élus locaux permettrait de représenter « les territoires par un scrutin majoritaire » et « le pluralisme et la parité par un complément proportionnel. » Comme vous l’imaginez sans peine, nous sommes profondément choqués par le reniement de cet engagement et déterminés à défendre, contre le gouvernement, les principes sur lesquels un accord avait été trouvé permettant de réunir une majorité en première lecture.

Notre réflexion sur le mode de scrutin n’a pas changé et ses principes sont simples. Nous estimons qu’une loi électorale équitable doit permettre d’assurer plusieurs légitimités :

- une collectivité locale doit assurer équitablement la représentation des électeurs des différents territoires qui la composent. La représentation directe qui permet aux électeurs de choisir leur élu sur sa personnalité est une tradition française qui garantit que le tissu des élus « couvrira » de manière exhaustive et identifiée la mosaïque de ces territoires et des aspirations de ceux qui y vivent. Le mode d’élection qui permet cette représentation est le scrutin uninominal de circonscription ou de cantons équitablement composés sous le contrôle de la loi et de commissions arbitrales pluralistes.

- Deux autres légitimités doivent être prises en compte : celle de la représentation équitable du pluralisme des sensibilités, et celle de la juste parité entre femmes et hommes dans les Assemblées. En effet, le scrutin majoritaire peut conduire au monopole de la représentation au profit d’une ou deux familles politiques, et à la domination voire à l’exclusion d’un sexe de la représentation politique. Pour garantir le pluralisme et la parité, le mode d’élection est la représentation proportionnelle.

- Enfin l’égalité du citoyen devant le suffrage ne peut être satisfaite que par une juste représentation des minorités et des découpages qui n’admettront pas de graves disparités entre circonscriptions. Si ces disparités existaient, elles devraient nécessairement être effacées ou amoindries par des mécanismes de correction. Là encore une représentation proportionnelle est la seule réponse.

Est-il besoin de souligner que parité, pluralisme, égalité des électeurs devant le suffrage forment trois obligations constitutionnelles qui se trouveraient inévitablement mises en cause par le retour en arrière décidé par le gouvernement ? Une telle atteinte aux principes constitutionnels se trouverait d’autant plus sanctionnée par le Conseil Constitutionnel qu’il s’agirait, pour la première fois depuis des décennies, d’un recul par rapport à la situation établie (actuellement un tiers environ des élus concernés sont élus au scrutin de liste proportionnel, répondant donc aux impératifs de parité et de pluralisme) !

Notre proposition est donc celle-ci :

- les conseillers territoriaux devraient être élus pour partie (les deux tiers environ) au scrutin uninominal majoritaire de circonscription à deux tours, assorti de règles d’encouragement à la mixité de la présentation de candidatures pour améliorer la parité.

- Le tiers des sièges restant serait attribué au scrutin proportionnel sur base des suffrages obtenus par les formations politiques au premier tour. Les sièges seraient attribués aux formations ayant dépassé le seuil de 5 pour cent des suffrages exprimés, après prise en compte des sièges obtenus à l’issue du deuxième tour dans les circonscriptions territoriales.

Ce mode de scrutin qui obéit aux mêmes principes que le scrutin en vigueur en Allemagne permet de satisfaire à la fois tous les critères d’une représentation équitable, territoriale, paritaire et pluraliste. FB-pensif.jpg

Il faut ajouter, de surcroît, que s’agissant d’élire une assemblée unique, là où deux assemblées existaient préalablement avec deux règles de représentation différente, l’équité de la représentation ne peut être sacrifiée sauf à manquer gravement, et pour six ans, aux lois d’équilibre sans lesquelles la démocratie menace de n’être plus que la dictature de la majorité sur des minorités écartées de la représentation.

Je vous prie de croire, Monsieur le Premier Ministre, à l’assurance de mes sentiments distingués.

François Bayrou

20 mai 2010.

 


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Pour contribuer à la réflexion de notre Mouvement, voici huit thèses élaborées après consultations des organisations syndicales et professionnelles qui sont portées au débat!

Dans l'attente de nos contributions et réflexions ou amendements sur le sujet!  

 

 

HUIT THÈSES SUR LA RÉFORME DES RETRAITES

  

1- La réforme est indispensable. Elle est urgente, elle est vitale.

 Deux faits sont certains :

 - cette année, pour payer les retraites des Français il manquera quelque 30 milliards, soit presque l’équivalent du budget de la défense ! ( 11 milliards pour le régime général, 4 milliards pour les autres régimes, plus 15 milliards de retraites de la fonction publique)… Si l’on ne fait rien, ce déficit va se creuser chaque année : il atteindra par exemple 40 milliards pour 2015. De telles sommes à emprunter chaque année pour notre pays, c’est insupportable.

 - à l’avenir, s’il n’y avait pas de réforme, la charge des retraites à payer deviendrait impossible à porter pour les actifs (pour assumer le financement de 10 retraites, on aura en 2010 17 actifs ; en 2020, 15 actifs ; en 2030, 13 actifs ; en 2050, 11 actifs). Cela veut dire concrètement que le revenu de chaque actif sera amputé tous les mois du montant d’une pension de retraite de niveau équivalent ! C’est un risque de véritable « guerre sociale », retraités contre actifs, parents et grands-parents contre enfants.

 

Il faut donc être courageux et décider : la vérité est que la cote d’alerte est déjà dépassée.   

2- Nous voulons sauver le système par répartition. Ne laisser personne sans ressources après une vie de travail, garantir le revenu des retraités par les revenus d’activité, faire que le travail ouvre des droits réels lorsque l’âge de la retraite arrive, tout cela c’est la clé de la cohésion sociale, c’est le système de retraites par répartition : c’est notre pacte républicain.   

3- Refuser la baisse des pensions. Si l’on ne faisait rien et que l’on voulait cependant ne pas alourdir la charge sur les actifs, ce parti pris signifierait une baisse continue et grave des pensions de retraite. Pour nous, c’est insupportable et signifierait là encore, une forme de guerre sociale.   

4- Incontournable à court terme : un juste rééquilibrage financier. « Rééquilibrage » et « juste » : les deux mots ont leur poids. Il faut supprimer le déficit immédiat : cela ne pourra se faire sans élargissement de l’assiette et/ou une augmentation des prélèvements. Mais il est évident qu’aucune augmentation des cotisations ne peut s’envisager sans faire contribuer plus fortement des revenus qui aujourd’hui échappent en tout ou partie aux prélèvements (stock-options ou revenus financiers par exemple).   

5- Incontournable à moyen terme : rééquilibrer le nombre d’actifs par rapport au nombre des pensionnés. Quelle que soit la décision prise, on connaît le résultat qu’elle doit atteindre, davantage d’actifs par rapport aux retraités dont ils ont la charge. Quelle que soit la piste évoquée, allongement de la durée de cotisation pour obtenir une retraite à taux plein (avec conséquence à craindre sur le niveau des pensions de ceux qui n’auront pas complété leurs trimestres), ou fixation plus tardive de l’âge légal de la retraite (avec conséquences négatives sur les carrières longues de ceux qui ont commencé le plus tôt), ou un mixte des deux options, elle devra nécessairement conduire à ce résultat.  

6- Et donc, la question centrale est celle du travail. Si, en effet, une approche purement arithmétique amenait à modifier l’âge de la retraite ou la durée de cotisation, en gardant le même taux de chômeurs dans la tranche d’âge précédant la retraite, cela signifierait simplement que l’on ferait prendre en charge par l’assurance chômage et les allocations diverses les sommes aujourd’hui à la charge des régimes de retraite. La question de la réforme des retraites est donc intimement mêlée à la question du travail au-delà de 55 ans, et à la question du travail tout court. Si nous continuons à voir disparaître des emplois, la question des retraites serait sans solution. Un chômeur de plus, c’est une retraite de plus qui n’est pas financée. Une politique de reconquête de la production industrielle et agricole, de développement des services, du tourisme et des métiers de l’environnement, est nécessairement, par la création de vrais emplois, la clé d’une résolution de la question des retraites.   

7- Prendre en compte la pénibilité et l’espérance de vie. Rien ne serait plus injuste que de traiter identiquement des situations fondamentalement différentes : certains métiers offrent une très longue espérance de vie ; d’autres, au contraire, pèsent sur cette espérance de vie. Il faut en tenir compte dans les décisions à prendre.   

8- Si l’on veut que cette réforme ne soit pas seulement celle du court terme, il faut dessiner l’architecture d’une organisation équilibrée des retraites, en prévoyant son instauration, par exemple à dix ans. Ce régime du futur doit, selon nous, répondre à plusieurs exigences :

  - rester un régime par répartition ;

  - être transparent pour le salarié en l’informant à tout moment des droits acquis au fur et à mesure de sa vie professionnelle.

  - être équilibré par définition, souple, respectueux des choix de vie différents des actifs et des futurs retraités, permettant à ceux qui le veulent de travailler plus longtemps ;

  - il doit récompenser ceux qui travaillent plus longtemps par des pensions très améliorées ;

  - il doit garantir tous les droits acquis par les cotisants et les retraités avant son instauration ;

  - il doit unifier le plus possible les régimes de retraite ;

  - la responsabilité de la gestion de ce régime devrait être confiée non pas au pouvoir politique, mais aux partenaires sociaux ;

  - l’entrée dans ce « régime du futur » devrait être longuement et soigneusement préparée.  

Pour répondre à ces définitions, c’est le régime par points, à la carte, avec droits garantis, ou bien un régime de comptes personnels, ou « notionnels » qui nous paraît la piste la plus appropriée.

Ce régime qui comptabilise au long de la vie les droits acquis par les personnes, devrait s’accompagner de la fixation d’une retraite-plancher de niveau convenable. Ce devrait être un chapitre essentiel de la réforme que de définir ce régime de l’avenir et de fixer un horizon pour sa mise en place.

  Contributions à adresser par mail avant le 20 juin prochain!...

 http://www.mouvementdemocrate.fr/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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fesneau-speaking.jpgMarc Fesneau, Secrétaire Général du Mouvement Démocrate, s'est déclaré solidaire du mouvement des agriculteurs qui expriment aujourd'hui leurs inquiétudes en manifestant dans la capitale.

« Après les éleveurs, les viticulteurs, les maraîchers, le secteur des grandes cultures manifeste à son tour sa colère et, plus grave encore son désespoir » a déclaré Marc Fesneau.

« Cette crise est une crise de la dérégulation des marchés. C'est ce qui a entraîné des fluctuations de près du simple au triple du prix des céréales. C'est, aujourd'hui, la survie même de milliers d'exploitations agricoles que l'on croyaient solidement installées qui est en cause ».

Dans un pays comme le notre marqué par une histoire agricole et alimentaire forte, où un grand nombre de territoires ont été façonnés par l’activité agricole, on ne peut abandonner l’agriculture à la simple loi aveugle du marché.

Dans un contexte où les crises alimentaires se multiplient ces dernières années à travers le Monde, la France et l’Europe doivent se donner les moyens d’assurer un revenu juste pour les exploitants agricoles, de conduire la transformation de notre agriculture vers un modèle durable et plus respectueux de l’environnement et enfin de construire un modèle de production agricole respectueux et équilibré, avec les pays de sud afin que ceux-ci puissent garantir leur propre subsistance.

« Ce qui est en jeu ici c’est la question de notre modèle agricole, d’un certain modèle économique français et européen».

La PAC qu’il conviendra de réformer doit garder ce qui a fondé sa création.

Par ailleurs, le gouvernement doit profiter de la présidence française du G20 pour obtenir des grands dirigeants de ce monde une protection particulière du marché mondial des produits agricoles contre les spéculations excessives et la fluctuation déraisonnable des cours. C’est l’un des rôles que doit assumer la France dans le concert des Nations ».

"Il ne suffit pas de dire que l’on aime l’agriculture, il faut désormais agir, c’est une urgence vitale pour des milliers d’hommes et de femmes qui ne ménagent pas leur peine et ne demandent qu’à vivre de leur travail ".


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Communiqué adressé à la presse le 21 avril 2010.

 

Un volcan qui éclaire ?

 

Le Mouvement Démocrate de la Loire Atlantique demande des éclaircissements.

Les récents évènements liés aux nuages de cendre du volcan d’Islande, ont prouvé hier, 20 avril 2010, la capacité d’absorber à Nantes, un trafic bien supérieur au trafic habituel géré par les infrastructures de notre aéroport, tant au plan de l’aérogare, que des pistes et de la gestion des vols !

Le Directeur de l’aéroport lui même, Monsieur François Marie explique posément qu’avec 20 000 passagers : « On a atteint nos capacités maximales. Mais pour nous, c'est comme lorsqu'un hôtel affiche complet, ni plus ni moins. On sait gérer cet afflux. »

Cet afflux n’a pas posé problèmes, mais il soulève de graves questions adressées aux élus porteurs du projet de Notre Dame des Landes : puisqu’il n’y a pas saturation de Nantes Atlantique, pourquoi réellement vouloir créer une autre plate forme aéroportuaire ? Quels arguments pour un tel projet ?

Nous demandons que cette preuve nouvellement faite, de la capacité de gérer parfaitement un flux de 20 000 passagers/jour (soit 7,3 millions de passagers pas an au lieu de 2,6 actuellement) soit portée au dossier contre la nouvelle plate forme aéroportuaire de Notre Dame des Landes!

Nantes Atlantique n’est pas saturé, ce volcan aura participé à éclairer tous les observateurs !!

Nous continuons à affirmer notre préférence pour la mise en place d’un projet de transport ferroviaire structurant d’ampleur régionale, et l’amélioration des transports collectifs.

 

  


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www.jeunes-democrates44.fr

 

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Les Jeunes Démocrates 44 font 7 propositions pour redonner vie au débat politique


Les candidats élus et non-élus lors du scrutin de dimanche, doivent se mettre au travail pour

réconcilier les citoyens et la politique : en effet seuls 51% des français se sont déplacés, sans oublier les 4,5% de votes blancs et nuls. Rappelons également que de nombreux français ayant le droit de vote ne sont pas inscrits sur les listes électorales.


Les causes de cette abstention massive sont multiples :

· Désillusion des citoyens qui ne croient plus dans le pouvoir du politique (l'abstention est

d'ailleurs plus grande chez les jeunes et dans les milieux populaires).

· Système électoral favorisant le bipartisme et niant ainsi la diversité d'opinion.

· Méconnaissance des compétences des collectivités locales.

· Manque de proximité avec les élus.

· Rôle des médias qui privilégient les polémiques plutôt que les débats de fond.Nous pensons que les citoyens attendent avant tout des réponses concrètes par exemple en matière d'emploi (nos propositions pour lutter contre le chômage des jeunes sont disponibles sur www.jeunes-democrates44.fr)  mais nous faisons également 7 propositions visant à redonner de la vie au débat politique :


1. Reconnaissance du vote blanc : nous devons avoir la possibilité de voter tout en disant que
les candidats présentés ne nous conviennent pas


2. Tendre vers le non cumul des mandats : cela permettra d'avoir d'avantage d'élus différents
et donc d'avantage de proximité avec les citoyens


3. Introduire d'avantage de proportionnelle dans les scrutins : savoir que nos idées ne
seront pas représentées car minoritaires n'encourage pas à voter


4. Favoriser le droit de pétition, les référendums locaux et les référendums d'initiative: la démocratie ce n'est pas voter tous les 5 ans mais c'est avoir la possibilité de

populaire défendre ses idées auprès des élus.


5. Obligation pour France Télévision d'organiser un débat électoral en prime time avec des débat locaux lors des élections locales dans
les deux semaines précédant le scrutin.


6. Obligation de faire paraître chaque année dans les journaux des collectivités un état d'avancement des promesses électorales car les citoyens feront d'avantage confiance à des é
lus qui leur rendent régulièrement des comptes et cela poussera les élus à tenir leurs promesses.


7. Renforcer le rôle de l'opposition (transmission des dossiers au minimum deux semaines
avant les conseils, accès à toute information utile sur simple demande, …).



Contacts: Cyril BEGUE Président, cyril.begue@laposte.net 06 77 81 72 15
Gaël THIERRY Vice-Président, thierrygael@yahoo.fr 06 82 31 43 45

Hélène TELLE Secrétaire, helene.telle@yahoo.fr 06 25 02 72 82


Nantes, le 24 mars 2010

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JR01.jpgCommençons par dire à tous ceux qui ont voté pour les candidats du Mouvement démocrate, dimanche dernier, que le faible score des listes qu'il présentait ne signifie pas qu'ils sont dans l'erreur. La vie politique est coutumière de ces passages brutaux de la cime aux abymes et... réciproquement. Se souvient-on que la candidate écologiste lors de la présidentielle de 2007 n'avait recueilli que 1,5 % des suffrages alors que ses camarades d'aujourd'hui sont à 12,2 %, ce qui est d'ailleurs inférieur aux 16,2 % des européennes de l'an passé ?
Mais venons-en à l'essentiel, c'est-à-dire au message et à la stratégie politique. Pour beaucoup, l'absence de positionnement clair du MoDem dans le jeu des alliances de droite ou de gauche est responsable de la forte baisse du potentiel électoral qu'avait recueilli
François Bayrou en 2007. "Où êtes-vous finalement ?" ne cesse-t-on de nous dire. Eh bien nous sommes au centre, et nous y restons. Face aux défis majeurs auxquels notre pays est confronté, il n'y a pas un camp qui, à lui tout seul, détienne la vérité, possède le catalogue des réformes à accomplir, et plus encore la méthode pour les faire accepter. Réfléchir ainsi revient à privilégier des approches idéologiques qui sont des impasses, et, pire encore, des mensonges. Nicolas Sarkozy a commencé son quinquennat avec des habits très libéraux et le voici apparemment devenu étatiste depuis que la gravité de la crise s'est fait sentir... Les socialistes, avec leurs seuls alliés d'Europe écologie et du Front de gauche mettront-ils en avant leurs idées du passé, faites d'accroissement de la fiscalité, de centralisme étatiste, auxquels beaucoup d'entre eux ne croient plus réellement ? Tout cela constitue autant d'incapacité à agir et d'énergie gaspillée.

Etre au centre, c'est sentir le besoin de dépasser les clivages archaïques à un moment où notre pays n'a pas d'autre choix. Cela ne signifie nullement détenir une "troisième vérité, ni de droite ni de gauche". Soyons lucides, notre peuple est fatigué et collectivement déprimé, même si, heureusement, la vitalité individuelle reste grande dans la vie quotidienne de chacun. Quant à l'Etat, il dispose de très peu de marge de manœuvre – notamment budgétaire – pour se transformer. Au Mouvement démocrate, nous pensons qu'il n'y a pas d'autre solution que de privilégier l'écoute des personnes souffrant de la crise et concernées par les réformes et que d'être obsédé par l'exigence de justice sociale. C'est le contraire de ce que fait le gouvernement aujourd'hui. Nous appelons cela le projet humaniste.

Nous pensons que les Français ne sont pas très loin de ce point de vue, même si cela ne les a pas conduits à nous apporter suffisamment leur suffrage. La très préoccupante abstention de dimanche dernier est un rejet de la classe politique, qui nous inclut bien évidemment. Quant au vote de la minorité qui s'est exprimée, elle pourrait laisser croire à un retour de la bipolarisation "droite-gauche" traditionnelle. Il faut être plus fin dans l'analyse. Il est devenu banal de voter pour un camp lors d'une élection, et pour le camp adverse à l'élection suivante. Ce zapping électoral, que certains assimilent à du consumérisme politique, démontre, s'il le fallait, qu'il n'y a plus de vote d'appartenance, et constitue aussi, d'une certaine façon, une forme d'appel au dépassement des clivages idéologiques.

L'autre cause supposée de notre échec serait l'obsession présidentielle de François Bayrou. Ne refusons pas d'en débattre, et allons ici aussi au fond des choses. Le Mouvement démocrate est né de la percée que son leader a accomplie en 2007, rompant avec ce qui se faisait depuis plusieurs décennies. Il a libéré le centre de son asservissement à une droite dont on pouvait déjà pressentir que, avecNicolas Sarkozy elle irait à rebours des avancées démocratiques et sociales indispensables pour redonner à notre peuple cohésion et confiance en lui-même. Reste que le jeu institutionnel en France est aujourd'hui verrouillé. Il est fait pour cet affrontement destructeur de la gauche contre la droite.

L'essai qui a été marqué par François Bayrou lors de la dernière élection présidentielle ne pourra être transformé que par une autre élection présidentielle. Pour cela, il faudra cette fois-ci construire de nouvelles alliances, qui devront à la fois s'atteler au fond des réformes à entreprendre, mais aussi à la forme de notre vie politique et de sa représentation démocratique. Chacun sera mis face à ses responsabilités. Est-ce en s'appuyant sur les amis de M. Mélenchon que les socialistes pourront reconquérir le pouvoir ? Est-ce en restant sous le carcan étouffant d'une UMP totalement sous contrôle présidentiel que les humanistes de centre droit pourront faire entendre leur voix ? Ces questions, nous les poserons le moment venu à tous les Français, dans la transparence, et alors que les effets dévastateurs de la crise économique et sociale continueront à faire de très lourds dégâts, élargissant le rassemblement – espérons-nous – de ceux qui seront prêts à penser et à agir autrement.

Ce n'est pas un pari. Même si ce choix est exigeant, pour tous les démocrates, c'est la seule voie à suivre.

Robert Rochefort est député européen et membre du bureau exécutif du Mouvement démocrate


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