Partager l'article ! Lassalle: " Pas de quoi monter aux arbres ! ": Fidèle parmi les fidèles de François Bayrou, Jean Lassalle minimise l’impact ...
Fidèle parmi les fidèles de François Bayrou, Jean Lassalle minimise l’impact des deux visites du leader centriste à l’Elysée. Dans un entretien au JDD.fr, le député pyrénéen déplore un effet de manches et, comme son patron, défend bec et ongles la ligne indépendante du Mouvement Démocrate.
Jean Lassalle et François Bayrou, à l'Assemblée nationale. (Reuters)
Les visites de François Bayrou à l’Elysée ne passent pas inaperçues, cela vous
dérange?
Non, mais que François Bayrou et Nicolas Sarkozy se soient rencontrés, franchement, quoi de plus naturel? Il n’y a pas de quoi monter aux arbres! Ils ont passé une
période longue et difficile sans contact et ils se sont revus, je trouve ça très bien. Après, sur le «buzz», comme on dit, qui entoure cette affaire, j’y vois surtout un travail des services de
communication de l’Elysée. Ces gens-là savent très bien faire vivre une affaire et l’entretenir. Mais, sur le fond, il n’y a aucun rapprochement avec Nicolas Sarkozy en vue. Pas plus qu’avec
d’autres, à gauche, d’ailleurs. Je suis suffisamment proche de François Bayrou pour vous l’affirmer.
Pour vous, François Bayrou est donc instrumentalisé par
l’Elysée…
Disons que Nicolas Sarkozy s’est tourné vers nous parce qu’il a manifestement un problème avec Hervé Morin! Tout cela est de la tactique. Dans un autre genre, cela
me rappelle ce qui s’était passé après le meeting que Marielle de Sarnez avait tenu aux côtés de Peillon (PS), Hue et Cohn-Bendit (Europe Ecologie) à l’été 2009. A l’époque, on disait que le
Modem avait choisi d’être de gauche. C’était aussi faux que de dire aujourd’hui que Nicolas Sarkozy et François Bayrou marchent main dans la main et préparent déjà l’élection présidentielle de
2012.
"Nous sommes au cœur de la vie politique française"
Cela n’empêchera pas Nicolas Sarkozy de se déplacer dans la circonscription de
François Bayrou prochainement. Ce dernier n’est-il pas un peu piégé?
Il s’agit effectivement d’une subtilité de Nicolas Sarkozy pour entretenir ce fameux «buzz». On ne peut
pas dire non à une visite du président de la République sur son territoire… Maintenant, dire que François Bayrou est piégé n’est pas exact, puisque je le répète, il n’y a aucun "deal" entre les
deux hommes. Quoi qu’il nous en a coûté électoralement - et nous avons payé cher, j’en conviens - François Bayrou reste sur une ligne profondément indépendante. En outre, étant d’un naturel
optimiste, je suis heureux de constater que toute cette affaire permet au Modem de faire à nouveau parler de lui. Il y’a un mois, on nous disait encore en état de mort clinique et aujourd’hui,
nous sommes au cœur de la vie politique française. Personnellement, je ne m’en plains pas!
François Bayrou a toutefois dû se justifier de ses visites élyséennes auprès
des militants. Y’a-t-il une crainte de «virage à droite» au Modem?
Ce sont des hommes et des femmes... Quand vous lisez les journaux et qu’on ne parle que de cela, il est
normal qu’il y ait des crispations. Quand vous êtes dans une conjoncture comme celle du Modem, avec peu d’élus et peu de cadres pour apaiser le climat, vous ne pouvez pas empêcher les gens de se
poser des questions. A nous, les rares qui sont restés dans une cohérence politique, de faire l’effort d’explication.
En même temps, entre un Nicolas Sarkozy déjà tourné vers 2012 et un PS qui se
met en ordre de bataille, le Modem parait de plus en plus isolé politiquement…
Et c’est ce qui nous convient le mieux! Si une troisième voie doit exister,
c’est bien là, autour d’un centre indépendant, qu’elle doit apparaître. Plus qu’une autre politique, c’est un autre état d’esprit que nous devons insuffler à un pays aujourd’hui totalement
enlisé.
Vendredi 11 Juin 2010