Partager l'article ! Entretien avec Sylvie Goulard, Députée Européenne: Entretien paru dans Ouest France. « La méthode donne un signal terrible aux marchés ...
Entretien paru dans Ouest France.
« La méthode donne un signal terrible aux marchés »
Sylvie Goulard. Députée européenne du MoDem dans la circonscription Ouest. Claude Stefan

Sylvie GOULARD, députée européenne du MoDem dans la circonscription Ouest
Qu'attendez-vous de ce nouveau sommet au chevet de l'euro ?
J'aimerais être surprise, mais, hélas, pas grand-chose. Il n'y a aucune solution durable à la crise si on en reste à la coordination telle que le Conseil européen la propose.
Cela risque d'être soit inefficace, soit illégitime. La seule solution est d'annoncer un véritable objectif politique, même lointain, dont on fixerait les étapes progressives. Or, en ne posant
pas les gestes nécessaires, on assiste, sommet après sommet, à une perte de crédibilité du pouvoir politique. C'est la méthode qui ne va pas. La méthode intergouvernementale donne aux marchés un
signal terrible que dans le fond, les gouvernements ne croient pas à l'unité. Les marchés sont convaincus de la désunion, ils jouent les uns contre les autres et, en plus, ils font de
l'argent.
Quels gestes nécessaires selon vous ?
L'introduction d'obligations européennes, les eurobonds. Ce n'est pas la panacée, mais ce serait une réponse vraiment commune. La taxation des opérations financières est aussi une vraie piste.
Tous les achats dans notre société, de la baguette à la voiture, sont soumis à taxation. Seul l'immense commerce des produits financiers y échappe. C'est incompréhensible. Même s'il ne faut pas
être naïf, les délocalisations de transactions financières existent.
Éclatement de l'euro, défaut de la Grèce. Il y a deux ans, ces débats étaient impensables...
Je ne suis pas pour les tabous, la situation est grave, mais on entend des propos irresponsables. Les Européens sont en train de se tirer une balle dans le pied. Les gens doivent comprendre que
parler d'éclatement de l'euro, de défaut, c'est sérieux. Du jour au lendemain, la carte de crédit ne donne plus de billets, plus de courses, plus de réservations de train. L'eurogroupe ferait
bien de se doter d'un porte-parole pour éviter les propos irresponsables.
Recueilli par Laurent MARCHAND. (juillet 2011)