Positions politiques

mains_boule_europe.jpg20/07/2011

Des obligations envers l’Euro

(Par Sylvie Goulard, députée européenne, et Mario Monti, ancien Commissaire européen) - Un consensus émerge peu à peu sur le fait qu’il serait difficile de concevoir une solution durable à la crise sans avoir recours aux euro-obligations. Le sommet de la zone euro pourrait au moins donner le signal politique clair que cette proposition doit être considérée instamment.

Les chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro qui se réunissent aujourd’hui à Bruxelles sont placés devant un choix fondamental. Ou bien, une fois de plus, ils font des grandes déclarations assurant qu’ils feront “tout ce qui est nécessaire” pour surmonter la crise de la zone euro ou bien ils se décident vraiment à agir. Dans le premier cas, les marchés continueront à faire monter les enchères et à mettre les autorités publiques en difficulté. Ils s’attaqueront à des pays plus grands, tels que l’Italie ou l’Espagne, rendant le « tout ce qui est nécessaire »  de plus en plus coûteux et de moins en moins crédible.

La seconde branche de l’alternative consiste à agir en hommes d’Etat. Jusqu’à présent les marchés ont gagné en jouant sur les divisions de pays qui ont préféré agir séparément, ce qui n’était pas à la hauteur de l’intégration monétaire. Les gouvernements ont cherché à assurer la “stabilité financière” en engageant l’argent des contribuables pour des montants astronomiques. Ces sommes peuvent aussi être vues comme le coût ultime que les gouvernants seraient prêts à imputer aux citoyens pour continuer à se comporter comme si les souverainetés nationales existaient encore.

Une stratégie plus efficace consisterait à  surprendre les marchés en optant pour une politique résolument commune au lieu de masquer les divisions à coup d’argent public. Ceci suppose que le gouvernement du pays le plus important d’Europe, l’Allemagne, agisse avec hauteur de vues à la fois vis-à-vis des autres Etats membres et de sa propre opinion publique. Il appartient au gouvernement fédéral d’expliquer  aux Allemands qu’ils tirent un bénéfice considérable de l’Europe, de son marché intérieur et de l’euro ; que, grâce à ces réalisations, la culture de stabilité germanique s’est répandue dans toute l’Europe et que l’Allemagne  serait le grand perdant d’une implosion de la zone euro, en raison de l’instabilité qui en découlerait, particulièrement nocive vue sa position concurrentielle, sans compter les coûts sonnants et trébuchants que cela impliquerait.

Le gouvernement allemand  éviterait plus sûrement le gaspillage d’argent public en s’engageant à promouvoir des politiques de long terme qu’en cherchant à protéger les contribuables par des mesures de court terme qui ne rassurent ni les marchés ni les citoyens. C’est le manque de crédibilité des solutions actuelles qui pourrait, au bout du compte, générer des transferts financiers désordonnés (“Transferunion”), créant ainsi du ressentiment à l’intérieur de l’Allemagne et entre partenaires européens.

Heureusement pour la Chancelière Merkel et pour l’Europe, les deux principaux partis d’opposition en Allemagne, les sociaux-démocrates (SPD) et les Verts,  sont sur des lignes pro-européennes. Bien que le SPD ait à l’origine été hostile à l’introduction de l’euro et qu’en 2003 le gouvernement SPD-Verts conduit par Gehrard Schröder ait joint ses forces à celles de la France pour s’exonérer du respect du pacte de stabilité et de croissance, nuisant par là même à sa crédibilité, les dirigeants du SPD ont soutenu cette semaine le principe de mesures a priori impopulaires pour apporter une solution à la crise de la zone euro.

Cette situation offre à Angela Merkel et au ministre des finances Wolfgang Schäuble l’opportunité de soutenir une initiative qui marquerait …nos obligations envers l’euro : l’émission d’euro-obligations. Nous faisons ici allusion à l’émission en commun de titres en euro comme instruments de gestion de la dette et non pour le financement de nouvelles dépenses.

La proposition, conçue notamment par les économistes Jacques Delpla et Jakob von Weiszäcker du think tank Bruegel en mai 2010, a été déjà faite au Président de la Commission par l’un des auteurs de cet article (Une nouvelle stratégie pour le marché unique, Mario Monti, mai 2010) et a été introduite, par l’autre auteur, dans les négociations sur le paquet gouvernance économique du Parlement européen, via son rapport sur le renforcement de la surveillance budgétaire effective dans la zone euro en décembre 2010.

Le 22 juin, le commissaire Olli Rehn a déclaré au Parlement européen que, dans le cadre d’un accord sur la gouvernance économique et avant la fin de l’année 2011, la Commission produira un rapport sur la mise en place d’un système d’émission d’euro-obligations assorties d’une garantie conjointe et solidaire (joint and several) visant à accroître la discipline budgétaire et la stabilité de l’euro à travers le jeu du marché, en assurant que les Etats membres dotés des meilleures notations ne souffriraient pas de taux plus élevés. Si nécessaire, le rapport sera accompagné de propositions législatives.

De nombreuses options sont possibles, y compris celle de conférer de nouveaux pouvoirs au fonds européen de stabilisation financière EFSF. Nous ne pouvons pas entrer dans les détails ici mais ces obligations donneraient à l’euro une assise globale et renforceraient la discipline en fournissant – enfin ! – une pression des marchés pour mieux respecter la discipline prévue par les traités. Il n’est pas évident que le coût de financement des Etats AAA serait accru, que ce soit en termes absolus ou relatifs, vu la liquidité qu’offrirait ce grand marché des euro-obligations et les turbulences qui existent actuellement sur le marché de la dette souveraine. Enfin, en libérant la BCE du rôle qu’elle a été forcée de jouer, les euro-obligations serviraient l’intérêt général, tout en confortant la banque centrale dans la meilleure tradition allemande.

Un consensus émerge peu à peu sur le fait qu’il serait difficile de concevoir une solution durable à la crise sans avoir recours aux euro-obligations. Le sommet de la zone euro pourrait au moins donner le signal politique clair que cette proposition doit être considérée instamment , notamment dans ses aspects techniques et juridiques. Une vision européenne fondée sur la création d’un instrument européen, adossée à un calendrier précis, pourrait offrir le moyen de restaurer la confiance et la stabilité.

Sylvie Goulard, députée européenne ALDE, co-rapporteur du « paquet » gouvernance économique

Mario Monti, Président de l’Université Bocconi, ancien Commissaire européen

 


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bayrou-discours.jpgFrançois Bayrou, président du Mouvement Démocrate, a accordé un entretien au Figaro Magazine le vendredi 6 mai, dans lequel il revient sur les grands sujets d'actualité du moment.

Retrouvez le texte en intégralité.

Le Figaro: Quelles conséquences tirer de la mort de Ben Laden?

François Bayrou: Première leçon : dans la lutte à mort entre terrorisme et démocraties, ce sont les démocraties qui gagneront. Deuxième leçon : la vraie puissance est dans la persévérance. Les Etats-Unis ont su poursuivre une action déterminée pendant dix ans, malgré les changements de majorité, sans se laisser distraire une seconde de leur but. Cela fait toute la différence entre la volonté et la velléité. C'est une leçon qui vaut aussi pour nous. Nous ne sommes pas une grande puissance par les moyens mais nous pouvons l'être par la volonté.

Le Figaro: Cette mort doit-elle conduire la France à retirer ses troupes d'Afghanistan?

François Bayrou: Notre présence en Afghanistan, décidée sous gouvernement Jospin, maintenue depuis, pour poursuivre les auteurs du 11 septembre et priver le terrorisme de sa base arrière, est justifiée. J'ai voté en faveur de cette action et ne le renie pas. Le jour où la coalition sortira d’Afghanistan, et tout le monde souhaite que ce jour ne tarde pas, il faut que la transition se fasse dans l’ordre et que soit transmis aux Afghans eux-mêmes un pays sécurisé, ou au moins sécurisable.

Le Figaro: Jean-Louis Borloo et ses amis veulent créer une confédération des centres. En serez-vous?

François Bayrou: Non.

Le Figaro: Pourquoi?

François Bayrou: Parce que tout cela n’a de centre que le nom. Si les mots ont un sens, le centre veut dire qu'on récuse la guerre des deux camps. Or que disent ceux qui veulent constituer cette confédération ? Qu'ils sont dans le camp de la majorité. Un groupuscule de plus, cela ne sert à rien. Je veux qu’on sorte de cet affrontement caricatural. En vérité, chacun des camps est malade. La poussée de l’extrême droite ruine l’idée d’une droite unique. Le Front national fait tanguer l’UMP. Les divisions de la gauche apparaissent au grand jour. Qu’y a-t-il de commun entre Mélenchon et Strauss-Kahn ? Aucun des deux camps divisés ne peut répondre aux problèmes du pays. S’ils l’emportent, l’impuissance est garantie. Il faut donc une nouvelle vision de notre démocratie, et une majorité nouvelle

Le Figaro: Vous ne travaillerez pas avec eux ?

François Bayrou: Si ces hommes politiques reconnaissent un jour qu'ils se sont trompés, je serai attentif. Mais il faut des explications : on ne peut pas avoir été cinq ans ministre de Chirac, puis quatre ans ministre d'Etat de Sarkozy, avoir été candidat à Matignon, et en quelques semaines ouvrir la guerre à l’intérieur de la majorité sans clarification !

Le Figaro: Vous vous retrouverez un jour?

François Bayrou: J’ai conservé pour beaucoup d’entre eux de l’affection, et pour ceux qui le méritent de l’estime. Nous parlons ensemble bien plus qu’on ne le croit. Je n'ai aucun doute que nous nous retrouverons. Nous avons bien des convictions en commun. J’ai conservé avec Michel Mercier, le garde des sceaux, des liens d’amitié qui ne se sont jamais démentis. Idem avec Jean Arthuis, dont je pense qu’il fait un bon travail à la Commission des finances du Sénat. Je n’oublie jamais que tous nous appartenons au même courant politique, même s’il est provisoirement divisé, et que donc notre avenir est forcément ensemble.

Le Figaro: Avant la campagne présidentielle?

François Bayrou: Je le souhaite, bien sûr. Je ne vis pas de ressentiment. Ma seule exigence est de clarté. Ce courant politique, le courant démocrate, n’est pas soluble dans la majorité, et est différent du socialisme. Il est indispensable à l’avenir de notre pays. Certes, le chemin d'indépendance que nous avons choisi a été difficile à expliquer à beaucoup de nos électeurs et de nos élus. Certains ont cru que nous changions de camp. Ils savent aujourd’hui que ce n'était pas le cas. Le dialogue en sera facilité.

Le Figaro: Dans les sondages, il y a une percée de Borloo...

François Bayrou: Ce qui comptera pour les électeurs, c’est la cohérence.

Le Figaro: Le MoDem compte peu d'élus. Comment réunirez vous les parrainages nécessaires à votre candidature en 2012 ?

François Bayrou: Les élus indépendants et les élus du centre se comptent par milliers. Ils ne se laisseront pas intimider. Nous avons bâti un courant politique qui a les moyens de son indépendance politique et financière. Nous avons tenu le cap sans jamais en changer. Et le pays a le plus grand besoin de ce renouvellement. Il a besoin de gouvernants nouveaux, courageux et crédibles. Et il a besoin de réponses nettes sur tous les grands chapitres de son avenir.

Le Figaro: Quand prendrez vous votre décision définitive ?

François Bayrou: Ma décision définitive mûrit depuis longtemps. Mais je ne veux pas entrer dans le jeu de ces candidatures qui poussent comme des champignons, semaine après semaine.

Le Figaro: Votre détermination est totale et ne dépend pas des scores potentiels d'autres candidats ?

François Bayrou: Non. Je suis et je serai au rendez-vous. Le temps viendra.

Le Figaro: Hulot est sur la même ligne que la vôtre qui récuse la bataille des deux camps. Sa candidature vous inquiète?

François Bayrou: J'ai de bonnes relations avec Nicolas Hulot. Je pense simplement que ses valeurs sont antagonistes avec l'appareil des Verts. Cette contradiction est trop forte pour que cette alliance fonctionne bien.

Le Figaro: Ses valeurs sont compatibles avec les vôtres ?

François Bayrou: Dans la classe politique, je suis l'un de ceux qui est depuis longtemps le plus sensible aux questions écologiques. Ma jeunesse dès mes 18 ans c’était auprès de la communauté de l'Arche, une des sources de ce que devint ensuite l'écologie. J'étais un étudiant admiratif de Jacques Ellul, qui en fut une autre source. Je sais ce que représente la terre, les écosystèmes, et par toutes mes fibres j’y tiens. Ma différence, sur un point fondamental, avec certains d’entre eux, c’est un certain malthusianisme, la mise en doute de l’action de l’homme dans le monde. Pour moi, l’humanité peut, par la science, la recherche, la conscience, faire du bien à la planète. Et même la planète Terre, c’est la nature, le cosmos plus l’homme. Sans homme, il n’y a pas de nature au sens où nous l’entendons.

Le Figaro: Que retenez vous des quatre premières années de Nicolas Sarkozy à l'Elysée?

François Bayrou: Nicolas Sarkozy est un homme politique doué d'une grande énergie, qui ne baisse pas les bras, qui croit à l’action. C’est à mettre à son crédit. Mais le bilan est cruel. Je ne vois pas un seul chapitre de la vie nationale qui aille mieux en 2011 qu'il n'allait en 2007. L'éducation ne va pas mieux. Notre économie est, dans bien des secteurs, en péril. L'emploi souffre. Le secteur de la santé est en doute. La sécurité ne s’est pas améliorée. La justice est dans une crise sans précédent. Les membres de la fonction publique se sentent abandonnés. Les choix initiaux du quinquennat expliquent cette impasse.

Le Figaro: Sur le fond, pourquoi vous êtes-vous opposé à lui ?

François Bayrou: De tout ce que j'ai écrit dans Abus de pouvoir il n'est pas une page qui se soit révélée fausse. Au-delà de ses qualités de combattant, il a porté deux grandes erreurs. La première est dans son système de valeurs. Il porte respect et considération à des choses qui n’en méritent guère : l’arrogance de l’argent et la notoriété. Toute la fausse monnaie dont notre monde est remplie. C’est cela qui lui parle. Tout le reste, la recherche, la science, la philosophie, la culture, la création, le profond de la vie, il l'a mis au second plan. Deuxième erreur, il a fait de la fonction présidentielle, une fonction partisane. Organiser à l'Elysée les réunions de son parti, aller caresser dans le sens du poil les donateurs, multiplier les nominations de complaisance. Partout où il aurait du choisir l'Etat impartial, il a choisi l'Etat arbitraire ou partisan.

Le Figaro: Mais il a nommé un socialiste comme président de la Cour des comptes et un autre à la commission des Finances...

François Bayrou: Oui. Je ne sais d’ailleurs pas si être socialiste est un critère suffisant… (sourire). Mais décider de nommer le président des chaînes publiques de télévision et de radio à l'Elysée est une régression que la France n’aurait pas dû accepter. Et l’arbitraire d’État ! Dans l'affaire Tapie, le contribuable français a été spolié de 250 millions d'euros. 250 millions c'est deux années pleine des salaires des 15000 postes d'enseignants supprimés !

Le Figaro: S'agissant des réformes que Nicolas Sarkozy a engagées, reconnaissez-vous au président le courage de les avoir menés jusqu'au bout ?

François Bayrou: Le courage vaut si l'on va dans la bonne direction. Il y a –heureusement !- des points positifs. Le statut d’auto entrepreneur, une certaine autonomie de gestion des universités. Mais les mesures les plus significatives répondaient à une logique profondément inégalitaire. Que Madame Bettencourt ait payé proportionnellement moins d'impôt qu'un smicard grâce au bouclier fiscal était une faute grave. Laisser filer le déficit et la dette pendant des années, nous chargera longtemps. La réforme des retraites n’est pas financée et elle frappe le plus gravement les femmes de plus de 65 ans qui n’ont pas les annuités.

Le Figaro: Vous approuvez le statut d’auto entrepreneur, c'est pourtant l'aspect le plus libéral de sa politique ?

François Bayrou: Oui, parce que cela multiplie les créations d'entreprise et cela libère les énergies.

Le Figaro: Comment réagissez vous à la défiance des peuples qui s'expriment à travers la montée de l'extrême droite partout en Europe ?

François Bayrou: Les peuples ont le sentiment qu'ils n'ont plus de prise sur leur destin. Et hélas !, même les institutions européennes sont devenues un labyrinthe illisible pour la plupart des citoyens.

Le Figaro: Vous comprenez dès lors que les électeurs, déboussolés, se tournent vers des partis comme le Front national ?

François Bayrou: Qu'ils se tournent vers ces mouvements, je ne l’accepte pas et je le combattrai. Car c’est à eux-mêmes qu’ils risquent de nuire. Le FN propose comme potion magique, deux poisons mortels : il oppose entre eux les Français en fonction de leur origine, de leur religion, de la consonance de leur nom… Aucun pays ne peut vivre diviser contre lui-même. Le deuxième poison consiste à vouloir sortir de l'euro. Si par malheur, on se trouvait en situation d'avoir un gouvernement assez fou pour le décider, alors on vivrait la misère. Avoir à payer en monnaie faible une montagne de dettes libellée en monnaie forte, c’est la misère pour tous, et le drame pour les plus pauvres.

Le Figaro: La prime aux salariés voulue par le président dans les entreprises qui voient leur dividende augmenter, est-ce une bonne mesure ?

François Bayrou: C'est tout mélanger ! D’abord parce que ce n'est pas à l'Elysée que doit se décider la politique salariale des entreprises. Comment voulez-vous qu’un pays marche comme cela, à coups de foucades ? Prendre des mesures spectaculaires dans l’espoir d’améliorer l’image, c’est forcément désordonné et à courte vue. Mais cela aboutit à des absurdités : par exemple parmi les entreprises qui n’auront rien à payer il y a Total !... Et une entreprise qui ne payait pas de dividendes depuis des années sera elle mise à contribution ! Si l'on avait voulu poser cette question légitimement, profondément, même moins spectaculairement, il suffisait d’améliorer la loi sur l'intéressement. Au bout du compte, il restera un mauvais précédent et bien des frustrations.

Le Figaro: Il y a un autre anniversaire. C'est celui du 10 mai 1981. Pour vous, les socialistes sont ils une force crédible d'alternance ?

François Bayrou: Dans le programme du PS, il y a des choses positives ou acceptables, bien sûr, que nous défendons depuis longtemps, notamment sur les institutions. Mais je suis en désaccord avec l’inspiration générale qui s'en remet à l'Etat, toujours, pour résoudre les problèmes. L’État qui recrée des emplois jeunes, l’État qui encadre les loyers, l’État qui règlemente à tour de bras. En réalité, ce qu’il faut c’est que l’État donne aux Français les moyens de résoudre leurs problèmes eux-mêmes, qu’il les soutienne, en particulier lorsqu’ils entreprennent, lorsqu’ils créent, lorsqu’ils portent un service public. Il faut en finir avec la conception d'un Etat magicien et rendre à la société confiance en elle-même.


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"Les candidats du  Mouvement Démocrate remercient les électeurs pour leurs suffrages et soutiens.

L'abstention massive et le score des extrêmes  montrent que les citoyens ne se sentent pas écoutés, qu'ils doutent de leurs  représentants. En tant que démocrates, nous croyons que la politique doit répondre à leurs préoccupations et à l'intérêt général et appelons chacun à accomplir son devoir civique dimanche prochain.

Nos électeurs du premier tour sauront choisir les candidats les plus  proches des valeurs et des projets (pluralisme en politique, opposition au projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes …) que nous avons défendus localement.

Lorsque les candidats ne répondent pas à leurs attentes, les électeurs peuvent utiliser le vote blanc, dont nous revendiquons la prise en compte."


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Patrick BOUCHERON, Jean Luc HOMMERIL, Isabelle LOIRAT, Franck MEYER , Ludovic LORIN, Sylvie TASSIN, Sébastien MOREL et Emmanuel!

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5400857353_54fa2220db.jpgNous vous invitons, adhérents ou sympathisants à nous rejoindre jeudi 10 février pour "La vigie" contre NDDL. Le MoDem prend son tour de Vigie!
Elle se déroulera Place du Pont Morand ( juste avant le croisement du quai de Versailles et les rues Paul Bellamy et de Strasbourg ), près de la statue du Général de Gaulle.
Merci à tous ceux qui pourront participer à cette mobilisation, même quelques minutes! De 10h à 12h ou de 12H à 16H!
 
(contact 06 87 19 80 09 ) 
Le MoDem 44.

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Le Mouvement démocrate de Loire-Atlantique tient à exprimer sa compassion aux proches de Laetitia et son soutien aux policiers et magistrats du département, que M. Sarkozy blâme avant même les conclusions des inspections.

Censé être le garant de l'indépendance de l'autorité judiciaire, le Président de la République cherche à récupérer l'indignation collective après l'odieuse tragédie de Pornic.

Les polémiques vaines et la frénésie législative ne sont pas des réponses adaptées à la récidive criminelle.

Il devrait plutôt veiller à ce que la police et la justice disposent des effectifs nécessaires pour remplir efficacement leurs missions.

Ici comme en d'autres domaines, la réduction aveugle des moyens compromet le bon fonctionnement de l'action publique.



Pour le MoDem44

Jérôme Fouqué Délégué Départemental,
Alain Guillon Président,
Patricia Gallerneau porte parole.


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Le MoDem  44 s’élève  contre  la décision du Comité Technique Paritaire Départemental de porter à 33 le nombre d’enfants requis par classe pour en ouvrir une nouvelle, en école maternelle.

 Cette décision néglige totalement l’importance de l’enseignement en maternelle.  Cette école étant la toute première étape dans la scolarisation d’un enfant, plus on y donnera aux enfants les moyens de la franchir avec succès, plus les risques de rupture scolaire seront réduits par la suite.

Or la rupture scolaire est à terme bien plus coûteuse qu’un  taux d’encadrement  décent en maternelle.

Le MoDem propose  aux élus de tout bord de s’associer aux  parents et professeurs  du département en un comité de soutien  pour la maternelle.

 

Contact :

Sylvie Tassin.

 Responsable des questions d’éducation  MoDem  44.

Présidente de la section nantaise du MoDem.

06 87 19 80 09


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Le MODEM  dénonce les dérives du plan de formation des professeurs des écoles stagiaires et soutient le mouvement des parents d’élèves qui s’insurgent contre la succession de professeurs différents au sein de mêmes classes.

 

Le parachutage de stagiaires, avec déplacement de l'enseignant en fonction, lui-même remplaçant du titulaire en titre  est un déni complet de ce qu’implique le métier d’enseignant : la nécessité d’un lien pérenne et structurant entre le professeur  et ses élèves, dans un cadre pédagogique posé et stable.

 

Le choix des affectations sur ces stages est guidé par une vision purement arithmétique des effectifs de l'éducation nationale, Il est extrêmement inquiétant de voir à quel point les politiques mises en place raisonnent sur du court terme, optant invariablement pour la rupture plutôt que la continuité pédagogique.

 

Les mobilisations récentes de parents dans le département, à Moisdon la Rivière, Montoir de Bretagne ou Saint Vincent des Landes ont systématiquement amené au déplacement du problème dans une autre école, sans que soit entendue la question de fond.

 

La formation des jeunes professeurs est essentielle, mais ne peut se faire aux dépens des élèves et dans des conditions d’entrée dans le métier qui pénalisent inévitablement le stagiaire.
 

Il est  tout à fait incohérent de reprocher à l’école de fabriquer de l’échec et d’organiser une formation des jeunes enseignants qui prenne aussi peu en compte les besoins des élèves et des professeurs en formation.

 

Sylvie Tassin. Responsable  Education  MoDem 44.

 


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                                                  Nantes le 20 juillet 2010

 

 

Le MoDem rappelle son opposition  au projet de nouvel aéroport au nord de Nantes, qu'il estime aberrant économiquement, écologiquement et financièrement.

MM. Ayrault et Bussereau ont conclu, au cœur de l'été, un accord sur le financement de cet aéroport, qui met à contribution le Département et la Région, contrairement à ce qui avait été annoncé par MM. Mareschal et Auxiette, en particulier pendant la dernière campagne électorale.
Est ce le moment d'engager des finances publiques alors que nos déficits et nos dettes sont astronomiques et qu'il faut opérer des choix d'investissements durables ?
Est ce la bonne méthode de signer en catimini un financement public sur un projet qui engage autant les générations actuelles et prochaines ?

Nous soulignons là un manque de transparence très préjudiciable à la démocratie.

Les leaders socialistes locaux montrent aussi leur manque de considération pour leurs alliés Verts, qu'ils n'ont pas même pas informés de la signature d'un accord de financement avec le secrétaire d'Etat aux transports ! 

Nous proposons à tous les opposants à ce projet néfaste de nous allier pour convaincre qu'une alternative réaliste est toujours possible.

 

 

Le Bureau du MoDem de la Loire Atlantique 

 

 




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16_01_07-France3-1-.jpgChers amis,

 

François Bayrou sera dimanche 11 juillet à 10h l'invité du Grand Rendez-vous d'Europe1/Aujourd'hui en France. Pendant près d'une heure, il reviendra sur l'actualité de ses derniers jours et sur les perspectives pour la France et l'Europe.

Dette, Retraites, Affaire Bettencourt, Réforme des collectivités locales ; François Bayrou fera un point d'ensemble avant la période estivale.

 

Retrouvez le Président du Mouvement Démocrate sur Europe 1 ce dimanche interviewé par Jean Pierre Elkabbach et Patrick Cohen.

 

Bien cordialement,

L'équipe du Mouvement Démocrate


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Réaction du Mouvement Démocrate et des Jeunes Démocrates

de Loire Atlantique au "Pack Autonomie Jeunesse"

 

La région des Pays de la Loire a décidé de mettre en place un "pack autonomie jeunesse".

 

L'autonomie est un défi majeur, avec l'emploi, pour notre jeunesse. Nous proposons donc, dans la continuité de notre programme régional :

 

- d'évaluer les dispositifs existants, y compris les aides fournies par la CAF, le CROUS, et les autres collectivités,

 

- de mettre en place une commission réunissant collectivités, associations et Etat, chargée de coordonner les différentes réponses en matière d'autonomie et d'emploi des jeunes,

 

- de mettre en place un Guichet pour l' Autonomie des Jeunes, où les jeunes pourraient non seulement avoir l'information mais également initier différentes démarches. Ce dispositif pourrait reposer sur le CRIJ (Centre Régional Information Jeunesse) et les PIJ (Points Information Jeunesse) qui bénéficient d'une bonne implantation territoriale. Un site Internet offrant les mêmes prestations pourraient également être mis en place.

 

Contacts :

Cyril BEGUE, Président des Jeunes Démocrates 44, cyril.begue@laposte.net

Patricia GALLERNEAU, Porte-Parole du MoDem 44, modem44@orange.fr

 


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Conseil National du samedi 26 juin 2010,

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                           (salle Lamartine,   immeuble Jacques Chaban Delmas Assemblée Nationale.)

Rappel par F.Bayrou; Le Modem a engagé une réflexion sur les retraites.

Un premier texte synthétique a été élaboré par le Bureau Exécutif, indiquant huit pistes pour cette réforme. Il a été envoyé à tous. En retour le siège a reçu plus de 500 contributions. Elles on été dépouillées, et étudiées.

Cette démarche a permis d'être présent pendant le débat national.
Le Bureau exécutif a reçu tous les syndicats au plus haut niveau. F.Bayrou a été reçu par le Ministre du Travail, le Premier Ministre et 2 fois par le Président.

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LE DÉFICIT FRANCAIS se décompose en trois ensembles à réformer:

- Les retraites pour 15 milliards relevant des cotisations

- La sécu pour 20 Milliards relevant des prélèvements et de la CGS

- Les comptes publics pour 120 milliards relevant de l'impôt

Aujourd'hui pour combler ces déficits la France emprunte 1 milliard par jour.

La première des réformes concerne les Retraites.

La nouvelle synthèse proposée par le Bureau exécutif a donné lieu de 9h30 à 13 h à une longue séance de travail, tenue à huis clos.

Présentation d'amendements, débats, expressions de la majorité des Conseillers ont permis d'aboutir à un texte politique voté à l'unanimité que vous trouverez ci-dessous.

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Une Conférence de Presse a cloturé cette longue matinée.

 


  

Position du Mouvement Démocrate sur la réforme des retraites

Résolution du Conseil National du Mouvement Démocrate

Adoptée le 26 juin 2010

 

1- La réforme des retraites est vitale et ne saurait être différée. Il

s’agit de la première des trois réformes que nous devons concevoir

pour la France, retraites, santé et dépendance, finances publiques.

Soutenir devant les Français cette démarche réformiste, c’est un acte

de courage nécessaire. Si la France ne réussissait pas à conclure

cette réforme, à la rendre humainement acceptable par tous,

ou si la réforme était insuffisante, alors le pays se trouverait en

danger.

 

2- Avant tout, la réforme des retraites doit s’accompagner d’une

conquête de la production et donc d’une reconquête du travail

tant en nombre d’emplois qu’en qualité du travail. L’absence

d’une réflexion et d’une politique compréhensibles par les Français sur

une stratégie industrielle, agricole, agro-alimentaire, des services, ou

touristique, de notre pays se fait cruellement sentir. Si l’activité

productrice de la nation est trop faible pour créer de l’emploi, pour les

jeunes autant que pour les seniors, alors toutes les réformes

échoueront.

 

3- Cependant, pour sauver les retraites par répartition, la réforme

ne peut éviter de répondre au défi démographique. C’est le

rapport déséquilibré entre le nombre des actifs et le nombre des

pensionnés qui crée l’urgence. Le nombre des actifs ne cesse de

baisser, notamment, c’est vrai, en raison de l’actuelle crise

économique. Le nombre des pensionnés ne cesse d’augmenter, sous

l’influence de la longévité, du dispositif « carrières longues » et de

l’arrivée à l’âge de la retraite des générations de l’après-guerre.

 

4- Nous considérons qu’il est raisonnable de faire glisser

progressivement l’âge légal à partir duquel on peut faire valoir

ses droits à la retraite de 60 à 62 ans. Si on choisissait de ne jouer

que sur l’augmentation de la durée de cotisation, on créerait une

situation dans laquelle tous les Français qui ont fait des études, tous

ceux qui ont eu des carrières incomplètes seraient condamnés à ne

pouvoir partir à la retraite que dans la zone des 70 ans ! Pour tous

ceux qui seraient contraints de partir à la retraite avant cet âge, ce

serait des retraites réduites, des pensions insuffisantes.

 

5- Trois conditions de justice doivent être satisfaites pour que la

réforme soit acceptable par les Français. La première, c’est

l’ouverture d’une retraite plus précoce pour les salariés entrés dans la

vie professionnelle très tôt. Sous réserve d’expertise, la proposition de

maintenir l’âge de 60 ans pour les carrières longues (entrée dans la

vie professionnelle avant 18 ans) nous paraît raisonnable.

 

6- La proposition liant la reconnaissance de la pénibilité à une

invalidité constatée de 20 % donnant lieu de surcroît au

versement d’une rente pour maladie professionnelle ou

accident de travail n’est pas recevable. Pour nous, la pénibilité

doit être prise en compte, à l’image des accidents du travail, par une

caisse autonome, alimentée par les entreprises au prorata des risques

qu’elles font encourir à leurs salariés ce qui entraînera une évolution

vers des parcours professionnels diversifiés et les incitera à augmenter

la prévention.

 

7- La volonté de déplacer de 65 à 67 ans l’âge du départ à la

retraite sans pénalisation pour les carrières incomplètes est

inacceptable ! 62 ans oui, 67 ans non ! Ce sont les salariés les plus

fragiles, les femmes qui ont commencé ou recommencé à travailler

après avoir élevé des enfants, les petits salaires qui ont « galéré » qui

se trouvent ici en cause. Cette décision repose d’ailleurs sur un artifice

comptable : quand elles font valoir leurs droits à la retraite un très

grand nombre de ces personnes ne travaillent plus ; elles sont au

chômage, en fin de droits, aux minima sociaux ou sans ressources. Ce

sont donc les caisses chômage ou les budgets sociaux qui doivent

assumer la charge de leurs ressources.

 

8- Manque dans la proposition du gouvernement une orientation

de justice très attendue des Français : l’égalité devant la

retraite. L’unification des régimes de retraite doit lever les injustices

si profondément ressenties par nos compatriotes : régimes spéciaux ;

fonctionnaires par rapport aux salariés du privé ; travailleurs

indépendants ; parlementaires ; retraites « chapeau ». Ces avantages

plus ou moins secrets ou discrets font régner un sentiment de

profonde injustice. Seule une unification, prenant en compte les droits

acquis dans le passé mais donnant à tous les mêmes règles pour

l’avenir permettra de corriger les injustices et mettre fin aux

privilèges. Nous croyons que la transparence généralisée,

l’individualisation des droits, la connaissance de ces droits à tout

moment de la carrière, le libre choix de la retraite à partir d’un âge

légal, la simplification des régimes entraînant des gains de gestion,

« retraite par points », ou par compte individualisé, doivent être

l’horizon proche de nos systèmes de retraite.

 

9- Enfin, l’équilibre financier à court terme des régimes de retraite

n’est pour nous ni acquis ni même approché par les timides

décisions annoncées. Cet équilibre financier demeure pour nous

une très lourde préoccupation. En particulier « l’augmentation » de

1 % (de 40 à 41 % !) de la tranche la plus élevée de l’impôt sur le

revenu nous paraît purement cosmétique. On ne résoudra pas le

problème par des expédients comme ceux qui sont envisagés,

épuisant en quelques années le Fonds de réserve des retraites qui

devait être réservé aux générations d’après-guerre. Les efforts qui

doivent être demandés, doivent l’être de manière durable et juste,

proportionnée aux moyens réels de chacun et mettre à contribution

des revenus, en particulier financiers, aujourd’hui en grande partie

exonérés.


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Suite à la présentation ce mercredi par le gouvernement du projet de réforme des retraites, le Mouvement Démocrate estime que ce projet n'est pas équitable:

1- La réforme des retraites est nécessaire. Elle ne peut pas être sans efforts. Mais lorsque les efforts ne sont pas équilibrés, ils ne sont pas acceptés.


2- Pour obtenir une réforme équilibrée, il fallait répondre à quatre exigences : dans le court terme, des ressources nouvelles qui suppriment le déficit ; dans le moyen terme, une politique qui permette un plus grand nombre d'actifs au travail par rapport au nombre de retraités -donc une politique crédible de création de travail- ; en même temps, un glissement de l'âge légal de départ en retraite, nécessairement accompagnée de mesures en faveur des carrières longues, de la pénibilité, et d'un filet de sécurité pour les carrières incomplètes - ; dans le long terme, enfin, la réflexion sur un nouveau système, unifié, de retraites.

3- Le plan n’est pas convainquant en matière de ressources nouvelles. On ne peut donc en attendre un rééquilibrage durable. L’augmentation de 1 pour cent de la dernière tranche de l’impôt sur le revenu (de 40 pour cent à 41 pour cent) n’est même pas symbolique. Les prélèvements sur les revenus du capital sont à peine esquissés. En vérité, là où l’on attendait un effort demandé aux plus favorisés, on a quelques mesures pour faire semblant. L’équilibre des efforts entre le bas et le haut de la pyramide sociale n’est pas équitable.

4- L’utilisation du fonds de réserve des retraites pour amortir les déficits d’ici à 2020 est la conséquence de ce déséquilibre. C’est ruiner une idée qui, pour une fois, était prévoyante. La France mettait de côté des sommes importantes, pour faire face au déséquilibre démographique attendu du « papy-boom ». On était encore très loin de l’objectif fixé. Mais cette « épargne nationale » va être immédiatement utilisée. C’est le choix du court terme face au long terme.

5- La question d’une politique pour la production et le travail, l’encouragement à la création d’emplois est presque totalement absente du plan gouvernemental. Or si l’on ne trouve pas des emplois nouveaux, pour les jeunes et les plus de cinquante ans en particulier, aucune réforme des retraites n’a la moindre chance de marcher.

6- Pour nous, le seuil des 62 ans en 2018 est acceptable. Cet âge aurait pu être atteint au rythme d’un trimestre supplémentaire par an en commençant au 1er janvier 2011. Le gouvernement a choisi un glissement de quatre mois par an, mais en commençant plus tard, au 1er juillet 2011. Des dérogations sont prévues qui maintiendront l’âge de 60 ans pour les salariés entrés dans la vie professionnelle avant 18 ans. L’augmentation prévue de la durée de cotisation est modérée (un trimestre supplémentaire). Sur ces deux points, importants, sous réserve de précisions, nous pensons que la réforme n’a pas commis d’erreur majeure.

7- Pour la pénibilité, après la réflexion des partenaires sociaux sur les éléments objectifs qui la définissent (port de charges lourdes, travail de nuit, exposition au bruit, exposition aux produits chimiques), le gouvernement a choisi un examen individuel diagnostiquant une dégradation précoce de l’état de santé. Ce n’est pas vraiment juste car la pénibilité supportée longtemps, en soi, avec ou sans conséquences détectables (certains troubles ou maladies graves peuvent mettre longtemps à apparaître) devrait entraîner un droit à la retraite plus précoce.

8- La décision la plus injuste, et pour nous inacceptable, c’est la modification du seuil de 65 ans qui permettait de liquider sa retraite, avec les droits acquis, même incomplets, mais sans pénalisation. Cette disposition concerne les salariés les moins favorisés, très souvent les femmes ayant élevé des enfants, ou tous ceux qui ont eu des difficultés de carrière, qui ont « galéré ». C’était un filet de sécurité. Ce déplacement est injuste : il atteint les plus faibles, et les années après 65 ans sont plus sensibles que les années après 60 ans, - on avance en âge. De surcroît, c’est un artifice comptable : la plupart des salariés concernés ne sont plus au travail, ils sont au chômage de longue durée et attendent cet âge pour liquider leur retraite. Il s’agit donc en fait d’un transfert de charges des caisses de retraite vers les caisses d’indemnisation du chômage.

9- Les efforts demandés aux fonctionnaires, et dans quelques années aux régimes spéciaux, correspondent à une réelle attente des Français en termes de justice et d’égalité devant la retraite. Mais ils auront des conséquences sur le pouvoir d’achat, dont il faudra tenir compte dans la politique à suivre à l’égard de la fonction publique.

10- Enfin, le gouvernement n’a pas accepté d’ouvrir la réflexion sur le régime de retraites de l’avenir, le seul capable de sauver les retraites par répartition, le régime de retraites unique à points, ou à comptes personnels, qui seul autorise en même temps l’équilibre des comptes et la souplesse du choix personnel de chaque salarié, qui connaît à tout moment ses droits et peut choisir l’âge à partir duquel il les exercera. C’était une occasion unique, au moment où plusieurs organisations syndicales ou politiques demandaient une telle réflexion, d’ouvrir, sans pression, des pistes pour l’avenir.

11- En l’état, ce projet n’est pas équitable. Nous allons donc participer au débat, notamment à l’Assemblée nationale et au Sénat, pour que les changements indispensables rendent, si c’est encore possible, cette réforme plus équilibrée et plus juste.

 


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Fidèle parmi les fidèles de François Bayrou, Jean Lassalle minimise l’impact des deux visites du leader centriste à l’Elysée. Dans un entretien au JDD.fr, le député pyrénéen déplore un effet de manches et, comme son patron, défend bec et ongles la ligne indépendante du Mouvement Démocrate.

 Lassalle-Bayrou.jpg

 Jean Lassalle et François Bayrou, à l'Assemblée nationale. (Reuters)

 

Les visites de François Bayrou à l’Elysée ne passent pas inaperçues, cela vous dérange?
Non, mais que François Bayrou et Nicolas Sarkozy se soient rencontrés, franchement, quoi de plus naturel? Il n’y a pas de quoi monter aux arbres! Ils ont passé une période longue et difficile sans contact et ils se sont revus, je trouve ça très bien. Après, sur le «buzz», comme on dit, qui entoure cette affaire, j’y vois surtout un travail des services de communication de l’Elysée. Ces gens-là savent très bien faire vivre une affaire et l’entretenir. Mais, sur le fond, il n’y a aucun rapprochement avec Nicolas Sarkozy en vue. Pas plus qu’avec d’autres, à gauche, d’ailleurs. Je suis suffisamment proche de François Bayrou pour vous l’affirmer.

 

Pour vous, François Bayrou est donc instrumentalisé par l’Elysée…
Disons que Nicolas Sarkozy s’est tourné vers nous parce qu’il a manifestement un problème avec Hervé Morin! Tout cela est de la tactique. Dans un autre genre, cela me rappelle ce qui s’était passé après le meeting que Marielle de Sarnez avait tenu aux côtés de Peillon (PS), Hue et Cohn-Bendit (Europe Ecologie) à l’été 2009. A l’époque, on disait que le Modem avait choisi d’être de gauche. C’était aussi faux que de dire aujourd’hui que Nicolas Sarkozy et François Bayrou marchent main dans la main et préparent déjà l’élection présidentielle de 2012.

"Nous sommes au cœur de la vie politique française"

 

Cela n’empêchera pas Nicolas Sarkozy de se déplacer dans la circonscription de François Bayrou prochainement. Ce dernier n’est-il pas un peu piégé?
Il s’agit effectivement d’une subtilité de Nicolas Sarkozy pour entretenir ce fameux «buzz». On ne peut pas dire non à une visite du président de la République sur son territoire… Maintenant, dire que François Bayrou est piégé n’est pas exact, puisque je le répète, il n’y a aucun "deal" entre les deux hommes. Quoi qu’il nous en a coûté électoralement - et nous avons payé cher, j’en conviens - François Bayrou reste sur une ligne profondément indépendante. En outre, étant d’un naturel optimiste, je suis heureux de constater que toute cette affaire permet au Modem de faire à nouveau parler de lui. Il y’a un mois, on nous disait encore en état de mort clinique et aujourd’hui, nous sommes au cœur de la vie politique française. Personnellement, je ne m’en plains pas!

 

François Bayrou a toutefois dû se justifier de ses visites élyséennes auprès des militants. Y’a-t-il une crainte de «virage à droite» au Modem?
Ce sont des hommes et des femmes... Quand vous lisez les journaux et qu’on ne parle que de cela, il est normal qu’il y ait des crispations. Quand vous êtes dans une conjoncture comme celle du Modem, avec peu d’élus et peu de cadres pour apaiser le climat, vous ne pouvez pas empêcher les gens de se poser des questions. A nous, les rares qui sont restés dans une cohérence politique, de faire l’effort d’explication.

 

En même temps, entre un Nicolas Sarkozy déjà tourné vers 2012 et un PS qui se met en ordre de bataille, le Modem parait de plus en plus isolé politiquement…
Et c’est ce qui nous convient le mieux! Si une troisième voie doit exister, c’est bien là, autour d’un centre indépendant, qu’elle doit apparaître. Plus qu’une autre politique, c’est un autre état d’esprit que nous devons insuffler à un pays aujourd’hui totalement enlisé.

 Nicolas Moscovici - leJDD.fr

 Vendredi 11 Juin 2010

 

 

 

 


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